Acces rapides :

Vous êtes ici :

  1. Accueil
  2. Actualités
  3. Prévenir les collisions engins-piétons (rubrique sélectionnée)

Prévenir les collisions engins-piétons

Agir sur l’organisation et sur les engins

Salarié guidant la manœuvre d’un engin de chantier Chaque année, des salariés sont victimes de collisions avec des engins ou des véhicules. Ces accidents sont généralement graves, parfois mortels. Mais il est possible de réduire significativement les risques en mettant en place une démarche de prévention sachant allier les mesures organisationnelles et techniques.

En 2011, selon les statistiques de la CNAMTS, plus d’un millier de travailleurs ont été percutés par des véhicules ou des engins mobiles. Ces accidents graves du travail ont coûté la vie à 10 personnes. La problématique des collisions engins-piétons concerne un grand nombre de domaines d’activité, plus particulièrement le BTP, le transport, la logistique, la manutention et la collecte de déchet. Les récits d’accidents graves rassemblés dans la base de données Epicea montrent que les camions de plus de 3,5 tonnes sont responsables de la majorité des accidents (43 %). Viennent ensuite les engins de chantiers (niveleuses, tombereaux, chargeuses, compacteurs…) et les chariots de manutention à conducteur porté (chariots élévateurs, gerbeurs…), impliqués chacun dans 24 % des collisions. L’utilisation des bennes à ordures ménagères représente 9% des accidents. L’analyse permet également de mieux cerner les conditions de survenue des accidents. Ils se produisent généralement à vitesse lente notamment lors des manœuvres de recul. Dans la plupart des cas, les victimes sont écrasées par l’engin ou coincées contre un obstacle (mur poteau, quai, autre véhicule).

Organiser les déplacements

La prévention des risques de collision passe tout d’abord par la mise en place de mesures organisationnelles. L’objectif prioritaire est de séparer autant que possible les flux de circulation des engins et ceux des opérateurs à pied. Cette réflexion doit intervenir le plus en amont possible, idéalement dès la conception des lieux de travail, et se traduire par l’élaboration d’un plan de circulation visant à optimiser les déplacements mais surtout à limiter le nombre de croisements entre piétons et véhicules. Les chemins réservés aux piétons doivent être délimités et matérialisés par un marquage au sol ou par des barrières physiques (garde-corps, plots…). Des mesures spécifiques doivent être mises en place dans les zones de croisement et dans les lieux où la présence conjointe de véhicules et de piétons est impossible à éviter : limitation de la vitesse de circulation, port de gilet de signalisation… Le dispositif de prévention doit inclure des actions de formation et d’information dont le but est de veiller à ce que les consignes de sécurité soient connues et respectées de tous. Cela concerne les salariés de l’entreprise mais également les autres personnes susceptibles d’évoluer à proximité des engins en mouvement : intervenants extérieurs, clients, fournisseurs, voire riverains dans le cas des chantiers effectués sur la voie publique...

Agir sur les engins

Ces premières mesures permettent de réduire significativement les risques mais elles se révèlent parfois insuffisantes pour garantir des conditions optimales de sécurité. En parallèle, il est aussi possible d’agir sur les véhicules. Premier objectif : augmenter la visibilité directe ou indirecte au poste de conduite. Ce paramètre doit être pris en compte lors de l’acquisition d’un nouvel engin ou véhicule, en optant de préférence pour des équipements dont la cabine de pilotage offre une surface vitrée importante. Pour réduire les angles morts, il peut être judicieux d’ajouter des miroirs supplémentaires ou des caméras numériques de contrôle. En complément, la mise en place de systèmes de détection de personnes ou d’obstacles peut aussi constituer une aide précieuse pour prévenir les accidents. Les dispositifs de détection sont destinés à alerter les conducteurs en cas de risque de collision avec un piéton. Ils utilisent différentes technologies (radars à ultrasons, radars hyperfréquence, scrutateur laser, marqueurs radio électriques, caméra à reconnaissance de forme…) qui possèdent chacune des caractéristiques propres d’utilisation. Les systèmes radioélectriques nécessitent par exemple que les piétons à proximité soient équipés d’un badge, ce qui exclut a priori une utilisation en milieu ouvert, notamment sur la voie publique. Les performances des scrutateurs laser ou des caméras à reconnaissance de forme diminuent quant à elles de façon importante en cas de pluie ou de brouillard… Un système trop sensible peut aussi provoquer des alertes intempestives susceptibles de masquer les véritables signaux de danger. Le choix et la mise en place du dispositif le mieux adapté doit à la fois tenir compte du type d’engin, des conditions d’utilisation, de l’environnement de travail mais aussi du facteur humain. Une des conditions de succès est en effet de s’assurer que les systèmes soient bien acceptés par les opérateurs et que ceux-ci soient correctement informés et formés à l’utilisation des dispositifs de détection.

Mis à jour le 14/11/2013