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Conduite et santé

La conduite, un acte anodin ?

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La conduite de nuit nécessite une vigilance accrue

Au volant, les conducteurs sont exposés aux risques de dommages corporels mais aussi, de façon moins évidente, à des risques physiques, posturaux, chimiques ou psychosociaux. Les risques augmentent avec la durée et la fréquence des déplacements routiers professionnels mais aussi en fonction de certains comportements individuels (tabagisme, alimentation non équilibrée, consommation de médicaments ou de drogues…).

Les accidents de la route se caractérisent par leur gravité. La route est ainsi encore la première cause de décès au travail. La durée moyenne d’un arrêt de travail (pour incapacité temporaire) suite à un accident de la route est de 70 jours, alors que la moyenne est de 50 jours pour l’ensemble des accidents du travail.

Risque routier professionnel : des accidents graves

Certaines caractéristiques des situations de travail contribuent à la gravité des accidents routiers liés au travail. En cas de choc violent, un objet dans l’habitacle du véhicule peut, par exemple, être projeté et blesser les occupants. Ainsi, un accident aux conséquences bénignes pour les occupants d’un véhicule de tourisme pourrait s’avérer grave ou mortel dans un véhicule utilitaire dont la charge à bord n’aurait pas été arrimée : sous l’effet du choc, la charge se trouve projetée vers l’avant, blessant ou tuant ainsi les occupants. Un choc à 50 km/h multiplie par 20 le poids de l’objet propulsé.

L’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) constate que la gravité des accidents de véhicules utilitaires légers (VUL) de type camionnette, essentiellement utilisés à des fins professionnelles, est plus élevée que la moyenne.

Quelques chiffres en 2008

  • 134 accidents mortels du fait de déplacements dans le cadre de missions (soit environ 23 % de l’ensemble des accidents mortels du travail)
  • 2 180 accidents routiers de mission ayant entraîné une incapacité permanente (soit plus de 5 % de l’ensemble des accidents de travail avec incapacité permanente)
  • 21 784 accidents routiers de mission ayant entraîné un arrêt de travail (soit un peu moins de 3 % de l’ensemble des accidents avec arrêt)
  • Près d’1,5 million de journées de travail perdues dues aux accidents routiers de mission
  • Sur l’ensemble de ces accidents, 10 décès et près de 4 000 accidents du travail avec arrêt impliquant des véhicules deux-roues motorisés. 

D’après les statistiques de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS)

Risques physiques

Le conducteur est exposé aux vibrations du véhicule. Le niveau d’exposition à ces vibrations est lié à la vitesse moyenne de conduite ainsi qu’au type de véhicule, à la motorisation, à la période de circulation… Cette exposition pourrait favoriser la survenue de douleurs au niveau de la colonne vertébrale.

Le conducteur est également exposé au bruit (moteur, circulation…). L’utilisation de la radio et l’ouverture de la fenêtre seraient les 2 éléments augmentant le plus cette exposition au bruit (d’après une étude canadienne portant sur les conducteurs de poids lourds). Il y a donc un risque de perte auditive (plus importante à gauche qu’à droite).

L’exposition à la chaleur, en période estivale et dans des véhicules non climatisés, constitue un risque avéré. À partir d’une température de 30 °C dans l’habitacle, les capacités du conducteur (vitesse de réaction, vigilance…) se trouvent dégradées, ce qui peut provoquer des accidents. Ces valeurs de température sont rapidement atteintes derrière un pare-brise.

Enfin, l’exposition à la lumière des phares, à leur réfléchissement sur des routes mouillées ou enneigées peut engendrer de la fatigue visuelle.

Risques liés aux postures de travail

La position sédentaire de conduite pendant la totalité ou la plus grande partie du temps de travail expose à des risques comme les TMS affectant principalement le cou, les épaules et le dos, les maladies cardio-vasculaires ou digestives, les problèmes veineux…

Les passages rapides d’une position de conduite assise et immobile prolongée à une posture debout, avec dans certains cas des tâches de manutention (chauffeurs-livreurs par exemple), peuvent constituer un facteur aggravant.

Risques chimiques

Tous les salariés qui conduisent régulièrement en milieu urbain sont exposés aux gaz d’échappement de la circulation automobile. Lors du remplissage du réservoir, ils sont également exposés à des vapeurs de carburant ainsi qu’à du benzène. Ces vapeurs d’essence agissent sur le système nerveux et peuvent provoquer des troubles graves de la formule sanguine. Il est à noter que les effluents du carburant diesel et le benzène sont des cancérogènes avérés.

Parmi les risques chimiques auxquels les conducteurs sont susceptibles d’être exposés, il ne faut pas non plus négliger ceux liés à la nature de leur éventuel chargement et à une exposition aux émanations, fuites, renversement ou autre exposition accidentelle.

Risques psychosociaux

Au stress lié aux contraintes professionnelles (organisation du travail, respect des délais…) s’ajoute le stress dû à la conduite elle-même (vigilance permanente, conditions de trafic ou météorologiques…). Être exposé à du stress chronique a des conséquences sur la santé (dépression, anxiété, troubles du sommeil ou de l’alimentation, ulcères, TMS, maladies cardio-vasculaires, accidents vasculaires cérébraux…).

Les risques de violence ou d’agression sont également à anticiper dans certains secteurs : transports de fonds ou de cargaisons ayant une valeur marchande importante, par exemple.

Mis en ligne le 25 mars 2013

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