Évaluer les risques liés aux rayonnements ionisants
Identifier les sources et les expositions
L’évaluation des risques liés aux rayonnements ionisants nécessite d’identifier et de caractériser les sources et les rayonnements produits ainsi que les situations de travail, c’est-à-dire les expositions. Elle doit prendre en compte le processus industriel et les conditions d’exposition des personnes. Il faut également vérifier que le repérage et la signalisation du risque sont bien effectués et que les doses d’exposition ne dépassent pas les valeurs réglementaires établies.
En matière de radioprotection, les risques sont multiples :
- un risque d’exposition externe à des rayonnements ionisants,
- un risque de contamination externe ou interne par des substances radioactives avec risque d’exposition interne,
- tous les autres risques associés, et en particulier : les risques chimiques (réactivité, corrosion, incendie, explosion), les risques liés au poste de travail et ceux liés à l’organisation du travail.
Tous ces risques doivent être évalués et quantifiés dans la mesure du possible : cela passe par l’identification et la caractérisation des sources et des rayonnements, ainsi que par la caractérisation des situations de travail, c’est-à-dire des expositions.
Évaluation a priori des risques
L’évaluation a priori des risques liés aux rayonnements ionisants doit prendre en compte :
- le processus de travail qui met en œuvre les rayonnements ionisants : conditions physicochimiques du procédé, effets des rayonnements sur la matière, contrôle-commande du processus,
- les caractéristiques de la source,
- les conditions d’exposition, notamment la distance à la source et la durée de l’exposition en cas d’exposition externe, la présence ou non d’écrans.
Éléments permettant de caractériser une source de rayonnements ionisants
- Matières radioactives : caractère scellé ou non scellé de la source, activité de la source radioactive, type de rayonnement émis (α, β, γ, X ou neutrons…) et énergie de chacun de ces rayonnements, caractéristiques physicochimiques (état physique tel que gaz, vapeur, aérosols...)
- Générateurs de rayons X ou d’accélérateurs de particules : nature du rayonnement (particulaire ou photonique), énergie, conditions de diffusion dans l’environnement…
Après avoir localisé, inventorié et identifié les sources de radioactivité utilisées, il faut vérifier que :
- le repérage des zones à risques d’exposition et la signalisation du risque sont bien effectués,
- les doses d’exposition ne dépassent pas les valeurs limites réglementaires établies.
Check-list non exhaustive des points à vérifier
- La zone contrôlée est-elle bien définie et signalée (notamment dans le cas où celle-ci est étendue ou temporaire) ?
- La diffusion des rayonnements à travers murs, plafonds, sols, et leurs réflexions sur ces obstacles ont-elles été correctement prises en compte ? Les salariés en sont-ils bien informés ?
- Dispose-t-on d’appareils de mesure de débit de dose dans les zones à risque et à proximité ? Sont-ils en bon état ? Sont-ils contrôlés régulièrement ?
- Quels sont les débits de dose aux abords immédiats de la zone contrôlée ?
- Aux abords de la zone contrôlée, existe-t-il une zone surveillée ou une zone publique ?
- Vérifie-t-on régulièrement l’inexistence de contamination des locaux de travail (surfaces, paillasses, air ambiant) ? Dispose-t-on du matériel pour le faire ?
- Comment les sources radioactives sont-elles manipulées, stockées et transportées ?
- Est-on correctement protégé pendant l’utilisation et hors utilisation ?
- Les containers de stockage sont-ils efficaces ?
- Les locaux de stockage sont-ils suffisamment à l’écart des lieux fréquentés ? Sont-ils signalés comme lieu de stockage de matières radioactives ?
Quantification du risque pour les personnes exposées
En matière de rayonnements ionisants, la notion la plus importante pour évaluer le risque est la quantité de rayonnement reçue. Les grandeurs utilisées à cette fin sont la dose équivalente et la dose efficace.
La mesure des doses reçues par les personnes exposées s’effectue par différentes techniques de dosimétrie. Les résultats de cette quantification doivent toujours être mis en perspective des limites réglementaires existantes.
Mis en ligne le 16 septembre 2011
