Évaluer les risques du travail au froid
Vigilance en dessous de 5 degrés Celsius
La démarche d’évaluation des risques doit inclure les dangers liés au travail au froid, naturel ou artificiel. Il convient d’anticiper les risques liés au froid lui-même ainsi que les situations dans lesquelles le froid peut contribuer à générer des accidents. Lors de cette évaluation, sont à prendre en compte les situations de travail (en extérieur ou à l’intérieur de locaux), les facteurs inhérents aux tâches à effectuer et certains facteurs individuels.
L’employeur doit réaliser une évaluation de l’ensemble des risques professionnels, ce qui inclut les conditions de température et les risques éventuels liés au froid. Les différents facteurs de risque présentés ici peuvent servir à constituer une grille d’évaluation du risque, permettant d’agir rapidement. Pour aller plus loin, il peut être nécessaire de faire appel à des spécialistes qui effectueront un bilan thermique précis.
Facteurs climatiques ou ambiants
Dès que la température ambiante (à l’abri du vent) est inférieure à 5 °C, la vigilance s’impose. Car à cette température, une exposition au froid, prolongée ou non, a des effets directs sur la santé.
Si les températures inférieures à + 15 °C présentent évidemment moins de risques directs, elles peuvent néanmoins être sources d’inconfort pour des travaux sédentaires ou de pénibilité légère. Elles peuvent générer alors frissons, engourdissements ou rhumes et provoquer par ailleurs provoquer des risques indirects : accidents dus à une pénibilité et une fatigue accrues, à une perte de dextérité, survenue de TMS…
Pour les travaux en extérieur, le risque est, en outre, aggravé en cas d’exposition au vent. Cette sensation de refroidissement est causée par l’effet combiné de la température et du vent. Un indice de refroidissement éolien, établi par les météorologues canadiens, donne la température équivalente ressentie par l’organisme en fonction de la vitesse du vent. Des niveaux de danger d’une exposition au froid peuvent être établis à partir de cet indice.
L’humidité de l’air est un autre facteur à prendre en compte, dans la mesure où la perte de chaleur du corps augmente dans des conditions humides. La peau humide est, d’autre part, plus sensible au froid. Et des vêtements humides sont inconfortables et isolent mal du froid.
Quelle température prendre en compte ?
Pour les travaux à l’intérieur de locaux, en installations frigorifiques par exemple, il convient de relever les températures à l’intérieur des installations. Celles-ci doivent être équipées d’instruments de suivi. Pour les travaux en extérieur, il est nécessaire de surveiller régulièrement les fluctuations de température.
Facteurs inhérents au poste de travail ou à la tâche
Plusieurs facteurs liés à la tâche à effectuer, au poste de travail ou à la situation de travail de façon plus générale peuvent augmenter les risques dus à une exposition au froid.
Principaux facteurs de risque liés à la situation de travail en cas d’exposition au froid
- Durée de l’exposition en continu au froid
- Travail en extérieur dans des zones non protégées du vent ou de la pluie
- Absence d’abris ou de salles de repos chauffés
- Exécution d’une tâche à des cadences élevées ou d’un travail physique intense ou moyen, générant de la transpiration
- Insuffisance des pauses de récupération
- Port de vêtements de protection inadaptés
- Contact direct entre la peau nue et les surfaces métalliques froides, à des températures inférieures à - 7 °C
- Utilisation de gants non adaptés (le port de gants réduit la sensibilité et la dextérité et augmente la force à exercer pour par exemple serrer ou maintenir un outil)
Facteurs individuels
Les conséquences d’une exposition au froid peuvent varier d’un travailleur à l’autre. Si certaines caractéristiques individuelles peuvent être connues de l’employeur (habitude de la tâche, âge, sexe), d’autres ne peuvent être prises en compte que par le médecin du travail. Le rôle de ce dernier est fondamental pour préserver la santé des salariés et demander si besoin des adaptations de postes, tout en respectant la confidentialité médicale.
Principaux facteurs de risque individuels en cas d’exposition au froid
- Âge (les personnes âgées sont plus à risque)
- Condition physique pour les métiers exigeants physiquement
- Antécédents de lésions cardiaques ou vasculaires
- Asthme, pathologies pulmonaires
- Apports alimentaires et liquides insuffisants (contribuant à la production de chaleur par l’organisme et limitant la déshydratation)
- Consommation d’alcool
- Usage de certaines drogues ou médicaments (comme certains antidiabétiques, calmants ou somnifères)
Mis en ligne le 16 septembre 2011
