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Plomb, béryllium, et autres métaux

Les repérer pour mieux prévenir les risques

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Béryllium dentaire

Plomb, béryllium, nickel, cadmium, chrome… Des métaux dangereux pour la santé qui sont largement utilisés dans l’industrie, parfois de façon discrète. La prévention des risques qu’ils représentent passe par la suppression ou la substitution des plus dangereux. À défaut, il faut réduire autant que possible les poussières et vapeurs qu’ils peuvent émettre lors de leurs utilisations industrielles.

Au cours des opérations de fusion, de soudage, de ponçage, d’usinage, d’affûtage, de broyage… les opérateurs peuvent être exposés à des poussières, fumées ou vapeurs issues de métaux dangereux. La dangerosité de telles émanations dépend de la nature des métaux mais aussi de la forme sous laquelle ils se présentent, de leur concentration ou des modes opératoires employés.

Certains métaux provoquent des irritations, des allergies (nickel, cobalt…) ou des intoxications aiguës ou chroniques (plomb, manganèse…). Plusieurs métaux ou leurs composés sont classés CMR comme le plomb, le béryllium, les composés du chrome VI (chromates de zinc par exemple)…

Repérer les métaux toxiques dans l’entreprise

Dans le cadre de la prévention des risques chimiques, évaluer les risques d’exposition aux métaux dangereux passe d’abord par le repérage des métaux toxiques présents dans l’entreprise, ce qui implique de :

  • prendre connaissance des étiquettes et des fiches de données de sécurité quand elles existent,
  • et d’identifier la nature des émissions de poussières, fumées, vapeurs et aérosols ou encore la composition des alliages traités, usinés ou fondus dans l’entreprise. Des informations sur les dangers que ces émissions peuvent représenter, en fonction des modes opératoires adoptés, sont à rechercher.

Les niveaux et durées d’exposition doivent être ensuite évalués, ce qui peut nécessiter des mesures d’expositions.

Éviter les risques liés aux métaux toxiques

La prévention des risques passe par la substitution des métaux les plus dangereux lorsque cela est possible et notamment des métaux classés CMR. À défaut, la réduction des émissions de poussières ou de particules émises et la réduction du nombre de salariés exposés et des niveaux d’exposition doivent être recherchées. L’information et la formation des travailleurs, le respect des mesures d’hygiène, le suivi médical des travailleurs exposés sont les compléments indispensables d’une telle démarche de prévention.

Éclairage sur le plomb

Environ 135 000 salariés sont exposés au plomb en France (Carex). Ils travaillent notamment dans le bâtiment (enlèvement de peintures au plomb, toiture), l’électronique, la fabrication de batteries, la céramique, la verrerie… L’exposition au plomb et ses composés peut entraîner des problèmes de santé regroupés sous le terme de saturnisme. Le plomb pénètre dans l'organisme par le nez (poussières, fumées) ou la bouche (mains sales, aliments souillés).

En cas de contacts répétés, il provoque des atteintes au niveau du système nerveux, des reins, du sang ou encore au niveau digestif. Le saturnisme peut être reconnu comme maladie professionnelle à certaines conditions. Le plomb est également responsable d'anomalies au niveau de la reproduction (problème de fertilité, effets sur la grossesse et le développement de l’enfant).

Les composés du plomb étant toxiques pour la reproduction, les règles particulières aux agents CMR avérés sont applicables. Le Code du travail contient également des dispositions spécifiques au plomb et à ses composés (articles R. 4412-152 et R. 4412-156 à 160). Pour le plomb et ses composés, une valeur limite d’exposition professionnelle sur 8 h est fixée à 0,1 mg/m3 (exprimé en plomb métallique). 

Expositions au plomb : principales mesures de prévention

  • Remplacer, chaque fois que possible, des produits contenant du plomb par des produits moins dangereux (alliage sans plomb, peinture sans chromate de plomb…)
  • Mettre en évidence l'exposition professionnelle : diagnostic de la présence de plomb dans le bâtiment, mesure de l’exposition au plomb…
  • Éviter les aérosols et l’émission de poussières, conduire les opérations en enceintes fermées, capter les polluants au plus près de leur émission, aspirer des poussières avec des filtres à très haute efficacité…
  • Dans les cas où les mesures de protection collective sont insuffisantes, porter des EPI (vêtements, gants, appareils respiratoires)
  • Établir et faire respecter des règles d’hygiène strictes : lavage des mains et du visage avant les repas, se doucher, changer de vêtements après le travail…
  • Mettre en place une surveillance médicale renforcée des salariés exposés

Éclairage sur le béryllium

Le béryllium est présent dans de très nombreux secteurs d’activité (métallurgie, aéronautique, bijouterie, dentisterie, optique, électronique, recyclage des déchets…) mais de façon discrète, souvent en petites quantités dans des alliages (cuivre, aluminium, nickel…) ou plus rarement sous forme d’oxyde.

Le béryllium est irritant, allergisant et cancérogène avéré. Quant à la bérylliose, maladie respiratoire reconnue comme maladie professionnelle, elle peut se développer longtemps après exposition, même après contacts répétés avec des quantités très faibles. On estime à environ 12 000 le nombre de salariés en France pouvant être en contact avec le béryllium. Les activités et métiers les plus exposés sont ceux de la métallurgie et de la fabrication de composants électroniques.

Repérer le béryllium

Difficilement détectable, le béryllium est fréquemment oublié dans les évaluations des risques. Les entreprises des secteurs potentiellement concernés doivent rechercher sa présence éventuelle. Lorsque la présence de ce métal est fortement suspectée et que des expositions aux poussières, fumées et vapeurs contenant du béryllium sont possibles, il convient de mesurer le niveau d’exposition (prélèvement atmosphérique ou mesure de pollution des surfaces de travail).

Spécificités de la prévention des risques liés au béryllium

Si la présence de béryllium est avérée, il faut intégrer ce risque dans la démarche globale de prévention des risques chimiques et appliquer la réglementation en vigueur (réglementation CMR et dispositions spécifiques au béryllium). La priorité doit être donnée, quand c’est possible, à la substitution par des produits moins dangereux (alliage sans béryllium pour les prothèses dentaires par exemple) ou à défaut réduire la concentration en béryllium des produits utilisés.

Une VLEP indicative est fixée pour le béryllium à 2 µg/m3 pour 8 h de travail. Elle constitue un objectif minimal de prévention (cette valeur ancienne devrait être prochainement réévaluée).

La co-exposition avec d’autres métaux toxiques étant fréquente, la prévention des risques liés au béryllium est à intégrer dans une démarche plus large, intégrant d’autres poussières de métaux dangereux (plomb, cobalt, nickel, cadmium, chrome…).

Mis en ligne le 13 janvier 2014

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