Zoonoses en milieu de travail
De nombreux secteurs concernés
Les zoonoses sont des maladies transmises à l’Homme par l’animal. Les métiers en contact direct avec les animaux sont en première ligne : élevage, abattoirs, commerce d’animaux mais aussi les travaux en forêt ou les métiers de l’environnement. Prévenir les risques de survenue de zoonoses nécessite de rompre la chaîne de transmission de l’agent biologique à l’homme, à un ou plusieurs niveaux.
Cette rubrique ne couvre pas le domaine de l’expérimentation animale, dès lors que les animaux sont infectés volontairement à des fins de recherche. Il ne traite pas non plus de la prévention lors de la manipulation en laboratoires d’agents biologiques responsables de zoonoses. Le risque éventuel de transmission interhumaine pour le personnel soignant n’est pas abordé, celui-ci ne concernant que quelques zoonoses.
Qu’est-ce qu’une zoonose ?
Les zoonoses sont des maladies infectieuses ou parasitaires transmissibles de l’animal à l’homme. Elles sont dues à des agents biologiques qui peuvent être des bactéries, des champignons microscopiques, des parasites, des virus ou des prions.
Qui est concerné ?
Les activités professionnelles concernées par les zoonoses sont très variées : élevages, commerces d’animaux (animaux d’élevage et de compagnie), douanes, parcs zoologiques, abattoirs, travaux en forêt (bûcheron, garde forestier…), taxidermie, équarrissage, métiers de l’environnement (collecte et traitement des eaux usées et des déchets, entretien des berges, des rivières et des canaux…).
Quel est le mode de transmission ?
Les agents biologiques responsables des zoonoses se transmettent de l’animal à l’Homme en suivant une chaîne de transmission, constituée de 5 maillons :
- réservoir : tout ou partie d’un animal (vivant ou mort) ainsi que l’environnement souillé ou contaminé par les déjections (eau, locaux, outils…),
- portes de sorties : selon la zoonose, il s’agit de la salive, des urines, des eaux fœtales, du sang, des déjections…
- transmission : elle peut se faire par voie aérienne (poussières ou gouttelettes contaminées), par contact avec la peau ou les muqueuses, par piqûre, blessure ou morsure, en portant les mains ou un objet contaminé à la bouche. La tique ou le moustique peuvent également inoculer certaines zoonoses,
- portes d’entrée : selon le mode de transmission, il s’agit des voies respiratoires, des muqueuses, de la peau, de la voie sanguine et de la voie digestive,
- hôte potentiel : l’Homme.
Selon l’agent biologique en cause, les principales répercussions sur la santé sont très variables quant à leur localisation (lésion cutanée, pneumonie, ictère communément appelé jaunisse…), leur gravité (simple fièvre, complications cardiaques ou pulmonaires pouvant entraîner la mort…) ou le temps d’apparition (quelques heures, jours ou mois).
Par ailleurs, certaines zoonoses comme la fièvre Q ou la toxoplasmose par exemple, peuvent perturber le bon déroulement ou l’issue d’une grossesse.
Comment prévenir les risques de zoonoses ?
La prévention des zoonoses consiste à rompre la chaîne de transmission, à un ou plusieurs niveaux. Elle doit avant tout porter sur l’origine des risques, donc sur le réservoir.
La démarche d’évaluation des risques permet de repérer les situations d’exposition potentielle à un risque de zoonose (postes et/ou gestes professionnels ou étapes de procédés mis en œuvre). Ensuite, il s’agit de rompre le plus en amont possible la chaîne de transmission des agents biologiques au travailleur, au niveau d’un ou de plusieurs maillons :
- la source de l’infection (le « réservoir » d’agents biologiques),
- le mode de transmission (les conditions dans lesquelles le travailleur peut être contaminé),
- le salarié potentiellement exposé.
Quel est le cadre réglementaire ?
Concernant la prévention des risques de zoonoses en milieu professionnel, il est indispensable de prendre en considération le cadre réglementaire spécifique aux agents biologiques, en particulier les textes spécifiques des zoonoses.
Certaines zoonoses sont inscrites sur la liste des maladies animales réputées contagieuses (MRC). Ces maladies donnent lieu à l’application de mesures de police sanitaire pour les populations animales, comme par exemple la brucellose ou l’influenza aviaire.
Réparation du préjudice en cas de zoonose professionnelle
Une zoonose est dite professionnelle si elle est la conséquence de l’exposition d’un travailleur à un agent biologique pouvant provoquer cette zoonose, dans le cadre de son activité professionnelle.
Pour les salariés relevant du régime général de la Sécurité sociale et ceux relevant du régime agricole, il existe des tableaux de maladies professionnelles concernant les zoonoses. Les zoonoses font l’objet des mêmes procédures de déclaration et de reconnaissance que les autres maladies professionnelles.
Les fiches d’information zoonoses
Ces fiches donnent des informations synthétiques sur les modes de transmission, les principaux symptômes chez l’animal et chez l’Homme et les mesures de prévention recommandées. Ces fiches sont destinées aux salariés ainsi qu’aux acteurs de la prévention.
- Affections cutanées à Mycobacterium marinum
- Aspergillose
- Brucelloses
- Campylobacteriose
- Charbon
- Chorioméningite lymphocytaire
- Cryptococcose
- Cryptosporidiose
- Echinococcose
- Ecthyma contagieux ou Orf
- Encéphalites à tiques
- ESB
- Fièvre boutonneuse méditerranéenne
- Fièvre du Nil occidental
- Fièvre Q
- Gales animales
- Grippe aviaire
- Hantaviroses
- Herpès B du singe
- Hydatidose
- Infection à virus Cowpox
- Infections à Streptococcus suis
- Leishmaniose viscérale méditerranéenne
- Leptospiroses
- Listériose
- Maladies des griffes du chat
- Maladie de Lyme
- Ornithose-psittacose
- Pasteurelloses
- Rage
- Rouget du porc
- Salmonelloses
- Sodoku
- Streptobacillose
- Teigne
- Toxocarose
- Toxoplasmose
- Tuberculose
- Tularémie
Mis en ligne le 25 février 2013


