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Horaires atypiques de travail

Horaires décalés et travail de nuit

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Travail de nuit

Mis en ligne le 16 avril 2013

Le travail de nuit, en horaires décalés, en temps morcelé ou sur une longue durée (> 8h par jour) peut avoir un impact sur la sécurité et la santé des salariés. Quels facteurs prendre en compte pour mieux protéger les travailleurs ? Une nouvelle brochure de l’INRS fait le point.

La nouvelle version de la brochure de l’INRS sur les horaires atypiques de travail dresse un état des lieux sur les conditions de travail en France et en Europe et rapporte des résultats d’études illustrant la complexité des effets des horaires atypiques sur la sécurité et la santé des salarié(e)s. Selon la 5e enquête européenne sur les conditions de travail 2010, environ 26 % des salariés travaillent au moins un dimanche par mois et 10 % travaillent au moins 3 dimanches par mois. Le travail de nuit concerne 19 % des travailleurs de l’Union européenne et touche davantage les hommes (23 %) que les femmes (14 %). Enfin, le travail posté (3 x 8, 2 x 12, …) concerne 17 % des salariés à travers l’Europe.

En France, d’après l’enquête Sumer réalisée en 2009-2010, les horaires atypiques sont en légère progression : 31 % des salariés du secteur privé travaillent le dimanche et les jours fériés, même occasionnellement, contre 30 % en 2003. Le travail de nuit touche principalement le secteur des services et le secteur public (75 % des travailleurs de nuit, contre 21 % dans l’industrie). En 2010, 14 % des salariés français sont en travail posté, contre 12 % en 2003.

Les risques pour les salariés

Des études en accidentologie au travail montrent une fréquence moins élevée d’accidents lors du travail de nuit, en revanche le taux de gravité augmente. La durée hebdomadaire de travail a une conséquence directe sur le taux d’accident. En moyenne, les incidents sont 2,4 fois plus fréquents lorsque les horaires dépassent 39 heures hebdomadaires. Par ailleurs, on constate une augmentation du risque d’accidents sans arrêt de travail de 40 % liés à l’absence des 48 heures de repos hebdomadaires.

Des troubles du sommeil, de la vigilance peuvent entraîner une multiplication par deux du risque d’accident et de « presque accident » lors de trajet travail-domicile. Concernant les risques au cours de la grossesse, des études montrent une augmentation du risque d’avortement spontané, d’accouchement prématuré et de retard de croissance intra-utérin.

Il existe aussi une augmentation modérée du risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension artérielle, de surpoids et d’élévation des taux de cholestérol et de triglycérides sanguins. Ce risque est souvent lié à une augmentation de la consommation de tabac, une alimentation anarchique ou une diminution de l’effort physique quotidien. Le travail de nuit a également été classé dans le groupe des cancérogènes probables pour l’homme. Des études ont montré que le travail posté et/ou de nuit peut augmenter le risque de cancer du sein chez la femme.

Le travail de nuit a des effets sur les performances cognitives (mémoire, langage), augmenterait les dépressions, l’anxiété et engendre des situations de « surfatigue » qui peuvent provoquer à long terme une usure prématurée de l’organisme et une dégradation de l’état de santé.

Le travail en horaires décalés peut, sous certaines conditions, avoir des conséquences positives sur la santé psychique notamment si le choix des horaires est personnel et bien accepté par le salarié et son entourage.

Recommandations pour protéger les salariés

Dans le cas d’un recours à des horaires atypiques de travail, il est conseillé d’associer les salariés de l’entreprise aux discussions sur les modalités des horaires, de s’assurer de l’acceptation des horaires par le salarié, de surveiller régulièrement les salariés en horaires décalés (troubles du sommeil, problèmes cardio-vasculaires ou digestifs, anxiété, dépression…), de prendre en compte le nombre d’années de travail en horaires atypiques, l’âge et leur état de santé.

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