Les fumées de diesel classées cancérogènes par le CIRC
De très nombreux salariés exposés
Mis en ligne le 05 juillet 2012
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) vient d'ajouter les gaz d'échappement des moteurs diesel à la liste des agents cancérogènes certains. L’exposition aux fumées de diesel augmente les risques de cancers du poumon et favoriserait également la survenue de cancer de la vessie. L'exposition aux fumées et gaz d'échappement diesel est aujourd'hui considérée en France comme la plus fréquente des expositions à un agent cancérogène sur le lieu de travail
Les conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) sont définitives : l’exposition aux fumées de diesel augmente les risques de cancer du poumon. Les gaz d’échappement des moteurs diesel font ainsi leur entrée dans la liste des agents classés comme cancérogènes certains pour l’Homme (groupe 1). D’autres preuves, moins formelles, indiquent également un lien possible avec une augmentation du risque de cancer de la vessie.
Depuis 1988, les fumées de diesel étaient classés comme possiblement cancérogènes pour l’Homme (groupe 2B). Les travaux des experts du CIRC sont venus lever les derniers doutes sur la forte nocivité de ces émissions. Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques se sont appuyés sur une série d’études épidémiologiques réalisées notamment chez des travailleurs.
Prévenir les risques professionnels
L'exposition aux fumées et gaz d'échappement diesel est aujourd'hui considérée en France comme la plus fréquente des expositions à un agent cancérogène sur le lieu de travail. Les véhicules, les engins de manutention, les machines équipées de moteurs thermiques sont couramment utilisés dans les entreprises. Ils émettent des gaz et des particules qui peuvent être responsables d’une pollution de l’atmosphère. Cette pollution peut devenir importante si les locaux sont très fréquentés ou mal ventilés. Outre les cancers, l’exposition aux fumées de diesel peut être responsable d’intoxications, de pathologies respiratoires et cardiovasculaires ou encore favoriser l’apparition d’allergies…
Comme pour tout agent cancérogène, la priorité en matière de prévention doit être de supprimer le risque. Cela peut consister par exemple à remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques. Des mesures techniques ou organisationnelles permettent également de réduire l’exposition des salariés : captage des gaz d’échappement, ventilation générale des lieux, entretien régulier des moteurs, mise en place de dispositifs dépolluants sur les véhicules (filtres à particules), isolement des postes de travail polluants…
Émissions diesel et santé au travail
Le 19 juin dernier, l’INRS et la Cramif organisaient une journée d’information consacrée à la prévention des risques professionnels liés aux émissions diesel. La manifestation a permis de proposer un point complet sur cette problématique. Les présentations des intervenants sont consultables en ligne.
