Emplois verts
Énergies nouvelles pour la prévention
Mis en ligne le 26 avril 2012
Pour pallier la raréfaction des ressources fossiles et réduire la pollution, la réglementation a fixé un certain nombre de critères de progression énergétique qui se traduisent par de nouvelles situations de travail dans les secteurs de l'énergie et du bâtiment.
Le caractère dit "propre" des énergies nouvelles (éolien, solaire, biomasse, hydrogène, marine, géothermie) ne doit pas occulter les facteurs ou situations de risques pour les salariés, notamment dans les processus de mise en œuvre et de maintenance.
Des risques connus mais des environnements nouveaux
Pour illustration, l’explosion de la demande dans la filière des panneaux solaires (photovoltaïque et thermique) a engendré la création ou la réorientation d’un grand nombre de petites entreprises, dont la préoccupation en santé et sécurité au travail doit être accrue dans ces domaines. Les besoins en matière de prévention sont liés à un manque de qualification et à la présence de risques qui ne relèvent pas du métier initial des 25 000 salariés du secteur.
Il s’agit de former les couvreurs aux risques électrique, d’incendie ou chimique (présence de cadmium, d’indium) et de sensibiliser les électriciens à la prévention des chutes de hauteur et aux risques liés à la manutention. Certains services d'incendie et de secours ont par ailleurs signalé leur refus d'intervenir lors d'incendie dans des bâtiments couverts de cellules photovoltaïques. Il est également indispensable de conduire des réflexions sur le démantèlement et la récupération des panneaux solaires, tant sur le plan des risques professionnels que sur celui du risque environnemental.
Selon le Grenelle de l’environnement, 50 % du développement des énergies renouvelables en France devraient à terme provenir de la biomasse, valorisée sous forme de chaleur, carburant ou électricité. Environ 65 000 emplois sont directement concernés. Ces professionnels vont être confrontés à des risques qu’ils ne connaissent pas (explosion, exposition aux poussières de bois, microorganismes, substances dangereuses, émissions de gaz...).
Concernant le secteur du bâtiment, la recherche d’efficacité énergétique a conduit à des évolutions importantes en termes d’isolation et de modes de construction. Celles-ci ont des répercussions sur l’organisation du travail, les mesures de protection et les méthodes de travail de professionnels du gros et second œuvres (utilisation de nouveaux composés ou matériaux, dispositifs de prévention collective à adapter...).
Dans ce sens, la Direction des risques professionnels de la CNAMTS et l’INRS ont constitué un observatoire chargé de rassembler les connaissances et d’établir des guides à destination de l’ensemble des acteurs : organismes de normalisation, coordonnateur de sécurité et de protection de la santé et salariés du secteur. L'objectif est par exemple d'intégrer la sécurité dès la conception des bâtiments basse consommation (normalisation, avis technique...).
Des actions dédiées à la filière des éoliennes
En France, l’installation de parcs éoliens est en croissance constante. Avec un objectif de 8 000 éoliennes présentes sur le territoire en 2020, l’effectif actuel de 15 000 salariés devrait être multiplié par 4 dans la même période. La prévention des risques professionnels dans ce domaine concerne la sécurité des personnels chargées de l’installation et de la maintenance (chute, électrocution…). Les services de santé au travail font également état de malaises ou de l’épuisement d’opérateurs qui doivent gravir 80 mètres dans un espace confiné pouvant atteindre des températures supérieures à 40° C.
Un groupe de travail composé d’experts de l’INRS et des CARSAT ainsi que de professionnels du secteur éolien (constructeur, exploitants, mainteneurs) a été créé en 2010 pour développer des outils d’information prenant en compte les conditions de sécurité à l’installation, à la mise en service, à l’exploitation et à la maintenance des éoliennes.
En parallèle, l’INRS conduit une étude en laboratoire et sur site pour caractériser les risques du secteur de l’éolien. Elle vise à définir des solutions techniques applicables dès la conception des machines et sur machines déjà en service, en vue de sécuriser les interventions de maintenance. Cette action se traduira également par une procédure de normalisation, pour les futures générations d’éoliennes.
Source : Réalité prévention, n° 35 avril 2012
