Dermatite de contact allergique

Les substances chimiques comme principaux allergènes

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Eczéma dû à l'exposition aui nickel

2 à 6 % de la population souffriraient de dermatite de contact allergique. Cette maladie cutanée survient généralement après avoir été en contact avec une substance chimique. La coiffure, la santé et le bâtiment sont les principales professions concernées. L’amélioration, la guérison, la persistance ou l’aggravation d’une dermatite de contact allergique dépend de l’allergène, de l’activité professionnelle, du terrain génétique et de l’ancienneté de la pathologie chez le travailleur.

La dermatite de contact allergique est une dermatose cutanée qui apparaît entre 24 et 48 h après un contact avec un allergène, le plus souvent une substance chimique (minérale, organique, végétale ou animale) : métaux, biocides et désinfectants, produits de coloration des cheveux, additifs des gants en caoutchouc…

Les symptômes apparaissent au niveau des mains, mais également au niveau des poignets, des avant-bras ou du visage : plaques rouges, vésiculeuses, avec croûtes, desquamations et démangeaisons…

Secteurs professionnels concernés

Les principales professions concernées par le risque d’eczéma allergique sont les coiffeurs, les personnels de santé et les ouvriers du bâtiment.

Principales professions à risque élevé de dermatite de contact allergique et allergènes responsables
 

Coiffeurs

  • Teintures pour cheveux
  • Permanentes
  • Décolorations : persulfates
  • Shampooings, nickel des ciseaux et objets métalliques
     

Personnels de santé

  • Caoutchouc des gants : additifs de vulcanisation (thiurames, carbamates, benzothiazoles), latex
  • Antiseptiques et désinfectants à usage hospitalier
  • Médicaments : antibiotiques, antalgiques, anesthésiques
  • Parfums
     

Dentistes et personnels dentaires

  • Caoutchouc des gants
  • Acrylates et méthacrylates des résines dentaires et adhésifs
  • Antiseptiques et désinfectants
  • Anesthésiques
     

Métiers du bâtiment et travaux publics (plombier, couvreur, carreleur, peintre…)

  • Chromates et cobalt des ciments
  • Caoutchouc des gants et chaussures de sécurité
  • Peintures, vernis, adhésifs : résines époxy, acrylates, résines polyuréthannes
     

Métiers de la métallurgie (galvanoplaste, soudeur)

  • Huiles de coupe
  • Savon, crème barrière, émollients (ingrédients de cosmétiques)
  • Colles : acrylates
     

Métiers de l’alimentation (cuisinier, boulanger, confiseur…)

  • Aliments (légumes, ail, épices)
  • Caoutchouc des gants
  • Antiseptiques pour le lavage des mains, désinfectants de surface et conservateurs présents dans les cosmétiques
  • Moisissures de qualité alimentaire (fromages et saucissons secs)
     

Fleuristes et jardiniers

  • Plantes et fleurs
  • Pesticides
  • Caoutchouc des gants et bottes
     

Agriculteurs, éleveurs, vétérinaires

  • Caoutchouc de gants, bottes, tuyaux, pneus
  • Pesticides
  • Végétaux
  • Médicaments et produits vétérinaires
  • Aliments pour animaux (éthoxyquine)
  • Conservateurs, désinfectants et antiseptiques

Circonstances de survenue

La dermatite de contact allergique survient lorsque la peau est en contact avec des agents sensibilisants (les allergènes).

On distingue 3 modes d’exposition :

  • contact direct des mains lors d’une manipulation, des bras ou du visage lors de projections,
  • contact aéroporté (lors d’une exposition avec un aérosol) des mains ou du reste du corps,
  • contact indirect des autres parties du corps (visage, cou, bras…) que l’on appelle manuporté (allergène véhiculé par les mains même protégées par des gants).

L’importance de l’exposition à l’allergène est un facteur de risque pour la survenue des allergies cutanées en milieu professionnel.

L’exposition à des irritants (eau, détergents, solvants, acides, bases…), qui fragilisent la fonction de barrière exercée par la peau, facilite la pénétration des allergènes et le développement de la réaction allergique.

Dermatite de contact allergique ou irritative ?

Pas toujours facile de distinguer une dermatite de contact allergique d’une dermatite de contact irritative, d’autant plus que l’environnement professionnel expose à la fois à des substances irritantes et sensibilisantes. La dermatite d’irritation peut apparaître dès le premier contact avec la substance irritante alors qu’une dermatite de contact allergique nécessite en général un contact répété avec la substance.

Principaux critères de distinction entre dermatite de contact allergique ou irritative

Critères
Dermatite de contact irritative (non allergique)
Dermatite de contact allergique
Fréquence
Collective (plusieurs individus atteints simultanément)
Individuelle
Délai d’apparition
Rapide
Il faut un contact préalable de quelques jours avec la substance
L’eczéma apparaît 24 à 48 h après un ou plusieurs contacts
Symptômes subjectifs
Sensation de brûlure
Prurit (démangeaison)
Aspects cliniques
Plaques érythémato-squameuses
Crevasses
Erythème (rougeur)
Vésicules
Œdème important
Limite des lésions
Nette à la zone de contact
Déborde la zone de contact avec des bords émiettés
Possibilité de lésions à distance
Bilan allergologique par tests épicutanés
Négatif
Positif à la substance responsable de l’allergie


Diagnostic de l’origine professionnelle

Déterminer si une dermatite est d’origine professionnelle nécessite de réaliser un diagnostic dermatologique ainsi qu’un interrogatoire du patient par le médecin du travail, qui a pour but de rechercher :

  • un déclenchement ou une aggravation des lésions rythmé par l’activité professionnelle (en général, les lésions guérissent ou s’améliorent nettement pendant les vacances),
  • un contact avec un agent sensibilisant particulier,
  • une apparition de symptômes à la suite d’un changement de produits.

Un dermato-allergologue pose le diagnostic de la dermatose et effectue le bilan allergologique afin d’identifier les produits responsables de l’eczéma.

L’étude du poste de travail est essentielle pour identifier les agents sensibilisants auxquels le travailleur est exposé, ainsi que les conditions d’exposition.

Pronostic et évolution

L’amélioration, la guérison, la persistance ou l’aggravation d’une dermatite de contact allergique dépend de nombreux facteurs :

  • l’allergène : la dermatite peut devenir chronique malgré l’arrêt ou la prévention de l’exposition à l’allergène, particulièrement en cas d’allergie aux métaux comme le chrome,
  • l’activité professionnelle : les difficultés à mettre en place les mesures de prévention diminuent les chances de guérison (par exemple dans le secteur de la métallurgie, lors du contact avec des fluides de coupe),
  • le terrain génétique : en cas d’atopie cutanée associée (eczéma atopique dans l’enfance et/ou à l’âge adulte), l’eczéma des mains peut persister malgré l’arrêt de l’exposition à l’allergène,
  • l’ancienneté de la pathologie chez le travailleur : plus l’eczéma est ancien, plus il risque de persister même après arrêt de l’exposition (d’où l’intérêt de consulter tôt pour faire le diagnostic et mettre en place la prévention).

Mis en ligne le 09 avril 2013

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