Conjonctivites

Une atteinte oculaire fréquente

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Les conjonctivites ont de multiples origines. Elles peuvent être causées par des agents irritants, des agents sensibilisants ou des agents biologiques présents dans l'atmosphère de travail. Quand elles sont allergiques, elles sont associées à des rhinites, parfois à une urticaire, une dermatite des paupières ou encore un asthme d'origine professionnelle. Elles peuvent donner lieu à réparation, en fonction de l'agent en cause.

Une conjonctivite d’origine professionnelle peut être de plusieurs types :

  • allergique : liée au contact des yeux avec des agents sensibilisants dans l’atmosphère,
  • irritative : le plus souvent liée à des substances chimiques. Ce sont par exemple des solvants, des métaux (béryllium, sélénium…) ou des poussières (suies de charbon…). Les rayonnements ionisants sont également une cause possible.
  • infectieuse : virale (très contagieuse et rencontrée notamment chez les personnels de santé au contact de patients atteints de cette affection) ou bactérienne (méningocoques…). 

Quelle que soit l’origine des conjonctivites, les symptômes sont des rougeurs de l’œil, une douleur (brûlure), le gonflement des paupières et le larmoiement. L’examen ophtalmologique vise à rechercher une atteinte de la cornée, entraînant une gêne à la lumière (photophobie) voire une baisse de l’acuité visuelle.

Le reste du texte ne traite que des conjonctivites allergiques.

Circonstances de survenue

L’allergie oculaire professionnelle survient quand un procédé de travail génère dans l’atmosphère un aérosol contenant des agents sensibilisants (poudre, brouillard, vapeurs, fumées) et pouvant entrer en contact avec les yeux.

L’importance de l’exposition à l’allergène est le facteur déterminant dans la survenue des allergies oculaires en milieu professionnel.

En effet, plus la concentration de la substance sensibilisante est élevée dans l’environnement de travail, plus le risque de se sensibiliser est grand, et plus le nombre de sujets atteints va être important.

Aspects cliniques

Les conjonctivites allergiques aiguës accompagnent le plus souvent les rhinites allergiques, l’association à de l’asthme étant moins systématique.

Les symptômes (gonflement des paupières, rougeur et œdème conjonctival, démangeaisons et larmoiement) se manifestent dans les minutes qui suivent le contact avec l’agent sensibilisant. Ils touchent le plus souvent les 2 yeux. L’examen clinique, s’il a lieu rapidement après le début de la crise, retrouve les éléments décrits par le patient. Quand la crise de conjonctivite est terminée, l’examen de l’œil est normal.

La conjonctivite allergique chronique se traduit par la présence d’un prurit (démangaisons), la constatation d’un gonflement matinal des paupières, la présence conjointe d’une rhinite allergique. L’efficacité des collyres anti-allergiques confirme le diagnostic et permet de distinguer l'allergie d'une réaction toxique.

Diagnostic de l’origine allergique professionnelle

Le diagnostic de conjonctivite allergique aiguë ou chronique d’origine professionnelle repose sur l’interrogatoire, qui recherche notamment : la nature des signes fonctionnels, le caractère bilatéral des symptômes, l’association à des signes extra-oculaires (rhinite surtout), les circonstances d’apparition… Par ailleurs, l’examen ophtalmologique recherche des signes cliniques de conjonctivite.

Ce diagnostic est de difficulté variable selon les cas. Il doit souvent comporter une enquête professionnelle rigoureuse faite, au mieux, par le médecin du travail et associer :

  • la recherche de la sensibilisation de l’organisme à l’allergène professionnel : tests cutanés à lecture immédiate et tests sérologiques immunologiques (dosage des IgE spécifiques dans le sang),
  • la mise en évidence de la responsabilité de l’environnement professionnel par les épreuves d’éviction / réintroduction.

Mis en ligne le 17 octobre 2011

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