Cancers
La construction, un des secteurs les plus à risque
Près de 13,5 % des salariés sont exposés à des agents cancérogènes sur leur lieu de travail. Or, le cancer se manifeste longtemps après le début de l'exposition, une fois le salarié à la retraite. Tour d'horizon des principaux facteurs de risque, des modalités de suivi médical après cessation d'activité et des procédures de déclaration et de reconnaissance de l'origine professionnelle d'un cancer.
Qu’est-ce qu’un cancer ?
Un cancer est caractérisé par une prolifération anarchique de cellules, provoquant des tumeurs dans différents organes. Il peut s’étendre localement en envahissant les tissus voisins et/ou se disséminer par les voies de la circulation lymphatique et sanguine, ce qui crée des localisations secondaires appelées métastases. Les organes les plus fréquemment touchés par les cancers d’origine professionnelle sont les poumons, la vessie et le sang.
Principaux cancers fréquemment associés à des expositions professionnelles
- Cancer du poumon et de la plèvre
- Cancers ORL (ethmoïde, sinus de la face, cavités nasales et nasopharynx)
- Leucémies
- Cancer de la vessie
- Cancer de la peau
Quelques chiffres
Après les affections cardiovasculaires, le cancer représente la 2e cause de mortalité en France (30 % des décès). C’est la première cause chez l’homme (34,5 %) et la seconde chez la femme (25 %).
Le taux de cancers liés à une exposition professionnelle diffère selon les sources :
- 4 à 8,5 % selon l’Institut de veille sanitaire (InVS),
- 4 % chez l’homme et 0,5 % chez la femme selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
Près de 13,5 % des salariés ont été exposés à un ou plusieurs facteurs cancérogènes au cours de leur activité professionnelle, soit environ 2 370 000 salariés. Ce sont majoritairement des hommes et des ouvriers (enquête Sumer 2003).
Les principaux secteurs industriels concernés sont la construction (18 % des salariés exposés), le commerce et la réparation automobile (10 %), la métallurgie (7 %), les services opérationnels (7 %) et la santé (7 %).
Facteurs de risque
98 % des cancers d’origine professionnelle indemnisés comme maladie porfessionnelle sont dus à l’amiante, au benzène, aux rayonnements ionisants et aux poussières de bois, selon le rapport « Évaluation du plan cancer » d’avril 2008 du Haut Conseil de la santé publique (HCSP).
D’autres facteurs, notamment individuels, peuvent être à l’origine de la survenue de cancers : facteurs liés au mode de vie (consommation d’alcool, alimentation, tabagisme, médicaments…) ou facteurs génétiques.
Caractéristiques du cancer d’origine professionnelle
- Les causes sont multiples.
- Elles se combinent entre elles pour potentialiser ou augmenter le risque de survenue de cancer (combinaisons tabac / alcool ou tabac / amiante notamment).
- Le cancer survient souvent 10, 20 voire 50 ans après le début de l’exposition à un agent cancérogène.
Suivi médical après cessation du travail exposant au cancérogène
Le cancer peut se manifester plus de 10 ans après les premières expositions à un agent cancérogène au travail. C’est pourquoi toute personne qui a été en contact avec un agent cancérogène peut demander à bénéficier d’une surveillance médicale post-professionnelle, et ce qu’elle soit inactive, demandeuse d’emploi ou retraitée.
Déclaration et reconnaissance de l’origine professionnelle d’un cancer
Les cancers font l’objet des mêmes procédures de déclaration que les autres maladies professionnelles. La reconnaissance du caractère professionnel résulte :
- soit d’une présomption de l’origine professionnelle (tableau de maladies professionnelles),
- soit de la reconnaissance d’un lien avéré entre l’activité professionnelle du travailleur et son cancer, lien qui n’est pas toujours facile à établir (système complémentaire des tableaux de maladies professionnelles).
Mis en ligne le 17 octobre 2011

