 | | Dossier | 


Mise à jour : 24/01/2006 |
Ethers de glycol
Les éthers de glycol constituent une famille de plus de 80 dérivés. Ils font d'excellents solvants. 30 d'entre eux sont utilisés en milieu industriel, notamment pour la fabrication de peintures. Ce dossier fait le point sur ces composés : principales utilisations et plus fortes expositions professionnelles (peinture aéronautique, sérigraphie, fabrication de circuits imprimés, vernissage métallique, fabrication de peinture), risques pour l'homme (les principales voies d'exposition étant l'inhalation et le contact cutané), toxicité (évaluation du risque cancérogène et des effets sur la reproduction notamment), état de la réglementation (étiquetage), mesures de prévention, travaux et publications de l'INRS sur le sujet. |
Les éthers de glycol font partie des solvants organiques, dont ils
constituent une famille. Pour en savoir plus sur les solvants organiques,
consultez notre dossier
général.
Les autres familles de solvants organiques sont : les hydrocarbures
aromatiques, les solvants
pétroliers, les alcools,
les cétones,
les esters,
les éthers,
et les
hydrocarbures halogénés. Des solvants
particuliers (terpènes, amides, certains dérivés
nitrés...) complètent ces grandes familles. L'INRS publie
une série de fiches sur les solvants (une fiche par famille). Ces
documents de synthèse servent de bases à des dossiers web.
L'exposition aux solvants organiques est à l'origine de risques
chimiques pour les salariés. Pour chaque situation de travail,
ces risques doivent être pris en compte dans l'évaluation
des risques, qui doit être la plus complète possible afin
de prioriser les actions de prévention à mettre en place.
Qu'est
ce que la famille des éthers de glycol?
La famille des éthers de glycol se compose de 80 substances
chimiques, différentes quant à leurs caractéristiques, qui
entrent dans la composition de nombreux produits.
On peut classer globalement cette famille en deux grandes lignées
: les dérivés de l'éthylène glycol et les dérivés du propylène glycol.
Seules quelques substances ont donné lieu à une exploitation
industrielle, en particulier les dérivés de l'éthylène glycol (méthylglycol,
acétate de méthylglycol, éthylglycol, acétate d'éthylglycol, butylglycol,
acétate de butylglycol) et les dérivés du propylène glycol
(méthoxypropanol et acétate de méthoxypropanol). On peut aussi trouver
certains dérivés du diéthylène glycol : le méthyldiglycol, l'éthyldiglycol
et le butyldiglycol.
| On distingue deux grandes séries d'éthers
de glycol : |
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la série E, éthers de l'éthylène glycol (EGE) : R-(O-CH2-CH2)n-O-R'
la série P, éthers du propylène glycol (PGE) : R-[O-CH2-CH(CH3)]n-O-R'
(isomère a)
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Principales
abréviations utilisées pour la dénomination des éthers de glycol |
| EGME |
Ethylène Glycol Méthyl
Ether |
| EGMEA |
Ethylène Glycol Méthyl Ether Acétate |
| EGEE |
Ethylène Glycol Ethyl Ether |
| EGEEA |
Ethylène Glycol Ethyl Ether Acétate |
| EGiPE |
Ethylène Glycol iso-Propyl Ether |
| EGBE |
Ethylène Glycol n-Butyl Ether |
| EGBEA |
Ethylène Glycol n-Butyl Ether Acétate |
| EGPhE |
Ethylène Glycol Phényl Ether |
| DEGDME |
Diéthylène Glycol Diméthyl
Ether |
| DEGBE |
Diéthylène Glycol Butyl Ether |
| 2PG1ME |
2-Propylène Glycol 1-Méthyl Ether |
| 2PG1MEA |
2-Propylène Glycol 1-Méthyl Ether
2-Acétate |
| 1PG2ME |
1-Propylène Glycol 2-Méthyl Ether |
| 1PG2MEA |
1-Propylène Glycol 2-Méthyl Ether
1-Acétate |
| DPGME |
Dipropylène Glycol Méthyl Ether |
| Cliquer ici
pour connaître la signification des autres abréviations utilisées
pour ces substances, ainsi que leur classification et leur étiquetage
réglementaire. |
C'est à leur propriété de solubilité à la fois dans l'eau et dans
les solvants organiques que les éthers de glycol doivent leur essor
industriel. C'est pourquoi on les retrouve depuis les années
soixante-dix dans de nombreuses préparations, en remplacement des
solvants aromatiques couramment utilisés avant cette époque.
Les éthers de glycol sont présents en particulier dans
tous les produits dits "à l'eau". On les trouve aussi comme principaux
composants dans quatre classes de produits : les
colles, les encres, les peintures, les vernis, les diluants, les cosmétiques
notamment les teintures pour cheveux, les produits d'entretien
comme les lave-vitres, les produits pour la mécanique et la métallurgie
(fluides de coupe, dégraissants...). |
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Quelles
sont les activités professionnelles concernées ?
Parmi les différentes études menées par l'INRS sur ces produits,
l'une d'entre elles a conduit à élaborer une grille d'estimation des
expositions des salariés aux éthers de glycol dans divers secteurs
industriels.
Il apparaît que l'exposition des salariés utilisant des cosmétiques
et des fluides de coupe peut être considérée comme faible. Parmi les
secteurs utilisant des peintures, encres ou vernis, ceux
où l'on identifie les expositions les plus fortes sont la peinture
aéronautique, la sérigraphie, la fabrication de circuits imprimés,
le vernissage métallique et la fabrication de peintures.
L'utilisation intensive de produits d'entretien peut conduire à une
exposition notable aux éthers de glycol, par passage percutané. (Matrice
emplois-expositions - ND 2009)
La liste des activités concernées
est la suivante :
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protection de surfaces par cataphorèse,
mise en peinture de véhicules neufs,
réparation automobile (carrossiers et peintres),
peinture d'avion,
sérigraphie (papier, carton, plastiques),
tampographie (horlogerie, accessoires pour automobiles),
offset,
impression et vernissage de feuilles de fer blanc (coil-coating),
vernissage de boîtes métalliques à usage alimentaire ou autre,
fabrication de peintures et vernis,
peintures de charpentes métalliques lors de leur fabrication,
peinture en bâtiment,
fabrication de circuits imprimés,
teinture et vernissage de meubles,
peinture sur matières plastiques (enjoliveurs de roues),
salons de coiffure,
ménage et entretien,
lavage de voitures,
usinage mécanique. |
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Quels
sont les risques toxicologiques des éthers de glycol ?
C'est par le biais des études
conduites dans le domaine professionnel que l'on découvre d'abord les effets
neurologiques, via des intoxications aiguës dans le secteur de
la fabrication des cols de chemise, puis progressivement les effets hématologiques,
testiculaires, suite à des expositions à des concentrations fortes en général
observées par des médecins du travail qui alertent les scientifiques.
Si les études expérimentales sont essentielles, elles ne suffisent pas car
elles concernent toujours une substance bien identifiée, or la réalité industrielle
est toute autre.
En situation de travail, on ne sait pas toujours à quelle substance on a
affaire et donc à quel éther de glycol. De plus les préparations ou produits
utilisés contiennent d'autres substances et là se pose le problème de l'interaction
avec ces substances. Enfin, le salarié est souvent exposé à d'autres produits
ou d'autres risques et se pose alors le problème de la co-exposition.
Ces études expérimentales doivent être complétées et confrontées à des études
épidémiologiques (des études longues en fonction des temps de latence des
pathologies) et d'études de cas.
Comme tout produit, les éthers de glycol se transforment dans l'organisme
(au cours de la métabolisation) en produits dits "métabolites". Ce sont
certains de ces métabolites qui sont responsables des effets toxiques.
Or le métabolisme varie d'une espèce à une autre ; il modifie la toxicité
apparente des substances et donc le risque.
Les éthers de glycol sont des produits de substitution employés en particulier
pour remplacer des solvants qui ont une toxicité neurologique, rénale, cutanée
et pour certains cancérogènes et tératogènes et, qui plus est, sont inflammables
comme le toluène ou le xylène par exemple. Comme la plupart des solvants
qu'ils ont remplacés, les éthers de glycol appartiennent à une grande famille
de molécules dont les effets toxiques peuvent être séparés en deux : les
effets communs à la grande majorité des membres de la famille et ceux qui
sont spécifiques à chaque substance chimique. Les signes
précurseurs d'intoxication susceptibles d'alerter l'utilisateur (type odeur)
sont nuls ou n'apparaissent qu'à de très fortes concentrations.
Parmi les caractéristiques toxicologiques communes
à ces molécules, il faut signaler des atteintes neurologiques, maux
de tête, vertiges pouvant aller jusqu'au coma, uniquement
en cas d'exposition aiguë à forte dose ; cependant les
éthers de glycol ne sont pas considérés comme irritants aux concentrations
utilisées en entreprise.
Chaque éther de glycol possède des caractéristiques toxicologiques
propres et certains dérivés ont une toxicité sur la reproduction
mise en évidence dans des essais chez le rongeur, susceptible d'entraîner
un risque pour l'homme ; les composés potentiellement dangereux
sont de plus en plus substitués et les mesures réglementaires ont permis
de réduire leur utilisation.
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Risques pour l'homme
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Les principales voies d'exposition sont l'inhalation
et le contact cutané
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Inhalation
Du fait de leur moindre volatilité, l'exposition respiratoire
à la majorité de ces dérivés est souvent plus faible qu'avec
d'autres solvants, cependant, leur rétention au niveau
du système respiratoire est élevée et on estime que 50
à 80% de la proportion inhalée se retrouve au niveau des
poumons.
Par voie cutanée
Le contact avec le produit sous forme liquide
peut entraîner une absorption cutanée importante. Une
absorption sous forme de vapeur par la peau et les muqueuses
peut parfois survenir.
Exposition au poste de travail
Elle résulte d'une combinaison d'expositions par voies
pulmonaire et cutanée ; l'une des voies peut être privilégiée
dans certaines conditions opératoires, par exemple lors
de pulvérisations ou par contacts prolongés avec des mains
non protégées. |
Toxicité
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Métabolisme
La différence de métabolisme entre les éthers de glycol
est un des éléments clé permettant d'expliquer les différences
de toxicité. Les dérivés de la série E sont métabolisés
en acides alkoxyacétiques. Or, il est démontré que l'acide
méthoxyacétique et l'acide éthoxyacétique respectivement
métabolites de l'EGME et de l'EGEE présentent une toxicité
similaire ou plus importante que les composés de départ.
Dans la série P, il existe 2 types d'isomères : a
et b.
Les dérivés a
testés se sont révélés moins toxiques et en particulier
n'ont pas montré d'effet sur la reproduction, ce qui s'explique
par une métabolisation différente. Le 2PG1ME (isomère
a)
est déméthylé en 1,2-propanediol alors que le 1PG2ME (isomère
b,
métabolisé en acide comme les dérivés de la série E),
est reprotoxique. Ce dernier n'est pas commercialisé mais
peut cependant se retrouver en tant qu'impureté dans les
isomères a.
Données chez l'homme
Les informations regroupées ci-après concernant les effets
aigus et sur la reproduction reprennent les conclusions
d'une expertise
collective de l'INSERM (1999).
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- Effets aigus
L'intoxication aiguë, généralement
due à une ingestion accidentelle, peut
être responsable de troubles neurologiques
(dépression du système nerveux central), métaboliques
et rénaux.
- Effets sur la reproduction
Des effets ont été rapportés, qu'il est
souvent difficile d'attribuer aux seuls éthers
de glycol en raison des co-expositions à d'autres
solvants.
Un ensemble de résultats concordants est en faveur
de l'existence d'un lien entre infertilité masculine
(diminution de la concentration du sperme, difficulté
à concevoir un enfant) et exposition professionnelle
à l'EGEE, l'EGME et leurs acétates, et peut-être
à l'un des autres éthers de glycol présents dans
l'industrie des semi-conducteurs (DEGDME).
Une étude regroupant 14 entreprises de l'industrie
des semi-conducteurs aux Etats-Unis (SHS : Semi-conductor
Health study), a rapporté des anomalies de la
durée ou de la régularité des cycles menstruels
ainsi qu'une diminution de la fertilité (taux
de fécondabilité abaissé ou difficulté à concevoir
un enfant) chez les femmes travaillant dans les
secteurs les plus exposés aux éthers de glycol.
Les composantes historiques et prospectives de
deux études américaines (une étude SHS et une
étude chez IBM) menées dans l'industrie des semi-conducteurs
sont concordantes pour montrer un effet de l'exposition
aux éthers de glycol présents dans ce type d'industrie
sur le risque d'avortements spontanés.
Un syndrome malformatif particulier comportant
des anomalies faciales, des réductions des membres
et des retards mentaux, a été décrit au Mexique
par Saavedra dans la revue Annals of the New
York Academy of Sciences en 1997. Ces malformations,
selon les auteurs, sont attribuées à l'exposition
professionnelle des mères à un mélange d'EGME
et d'éthylène glycol pendant leur grossesse. Les
autres études sur les malformations sont peu nombreuses
et contradictoires. Ainsi, l'existence d'un risque
accru d'anomalie du tube neural, en association
avec une exposition professionnelle principalement
à l'EGBE et au DEGBE dans le cadre de métiers
de service, a récemment été remise en cause par
les résultats d'une autre étude menée en Californie
de façon très similaire et décrite par Shaw dans
la revue Epidemiology en 1999.
- Cancérogénicité
La presse française d'information générale a fait
état, suite à un appel à témoignage, d'un taux
anormalement élevé de cancers des testicules et
de leucémies chez des salariés d'IBM exposés à
des éthers de glycol (EGME, EGEE et leurs acétates
et DEGDME) de 1974 à 1994. Même si le risque de
cancer des testicules a déjà été évoqué à travers
une étude réalisée dans le secteur de l'aviation
britannique, l'expertise collective INSERM
conclut que les quelques études épidémiologiques
conduites sur la relation entre exposition aux
éthers de glycol et différents types de cancer
chez l'homme (leucémies myéloïdes aiguës,
cancer de l'estomac, cancer des testicules) n'apportent
pas de résultats convaincants sur un effet cancérigène
potentiel de ces solvants.
Se rapporter au tableau
de classification réglementaire pour connaître
la signification des abréviations utilisées. |
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Effets toxiques chez
l'animal : résultats récents
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Effets toxiques : aigus,
irritants, sensibilisants et à doses répétées
Ils ont été décrits dans de nombreux documents. Ils correspondent,
selon les éthers de glycol, à des effets hémolysants et rénaux
en aiguë et chronique, à une toxicité pour la moelle
osseuse et le foie et à des effets irritants (oeil, peau
et plus rarement les voies respiratoires). Aucune étude expérimentale
n'a montré de pouvoir sensibilisant associé aux éthers de glycol.
Effets sur la reproduction
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Fertilité
Pour un certain nombre d'éthers de glycol,
classés ou en cours de classement, une toxicité testiculaire
est définitivement établie chez l'animal : EGME, EGEE
et acétates, DEGDME, EGDME, TEGDME. En revanche l'examen
d'études relativement complètes a permis de conclure
à l'absence d'effets préoccupants : EGnPE, EGBE, DEGEE,
TEGME, et 2PG1EE. Concernant le DEGHE et l'EGHE, un
classement a été adopté mais des essais complémentaires
seraient nécessaires afin de confirmer l'absence d'effets
préoccupants sur la fertilité. Pour le TEGBE, malgré
l'absence de données sur la fertilité, par analogie
de structure avec l'EGBE et le DEGBE on peut conclure
à l'absence de préoccupations.
Développement
Pour un certain nombre d'éthers de glycol, classés ou
en cours de classement, il a été montré une atteinte
du développement, foetotoxicité et tératogénicité :
EGME, EGEE et leurs acétates, EGDME, DEGME, DEGDME et
TEGDME. Des effets de ce type ont également été rapportés
avec le 1PG2ME et son acétate. Les malformations décrites
dans différentes études touchent de nombreux organes
: anomalies digitales, exencéphalie, fente palatine,
dysplasie caudale, malformations craniofaciales, anomalies
squelettiques axiales. Il est parfois observé une mort
foetale.
Pour l'EGnPE, l'EGBE, l'EGHE, le DEGEE, le TEGME et
le 2PG1EE les essais disponibles sont généralement suffisants
pour conclure à l'absence d'effets préoccupants. Ainsi
aucun classement n'a été retenu pour le DEGEE et le
TEGME et ces deux éthers de glycol n'apparaîtront donc
pas dans l'annexe I de la directive 67/548/CEE concernant
la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances
dangereuses. Pour le TEGBE les essais disponibles sont
succincts, pour le DEGHE, malgré l'absence d'essais,
et si l'on admet l'analogie de structure avec le dérivé
monoethylénique (EGHE), on pourrait conclure à l'absence
de préoccupation.
La majorité des dérivés du propylène glycol récemment
mis sur le marché n'a pas fait l'objet d'études de reprotoxicité.
Mutagénicité et cancérogénicité
La plupart des études de mutagénicité in vitro
ont présenté des résultats négatifs avec les éthers
de glycol testés ; les résultats in vivo sont,
dans la plupart des cas, également négatifs. Ainsi,
les éthers de glycol ne présenteraient aucun profil
génotoxique.
Concernant la cancérogénicité, seuls deux éthers de
glycol ont fait l'objet d'une étude de cancérogénicité
à long terme chez l'animal : le 2PG1ME et l'EGBE. Le
2PG1ME a donné des résultats négatifs chez le rat et
la souris. Pour l'EGBE, l'interprétation des résultats
est plus délicate, les essais chez le rat sont négatifs
tandis que chez la souris des tumeurs malignes (carcinomes
du préestomac, hémangiosarcomes et hépatocarcinomes)
sont observées. Cependant, des mécanismes d'action spécifiques
à la souris ont été admis pour chacune de ces tumeurs,
en conséquence l'effet cancérogène a été jugé non extrapolable
à l'homme dans l'état actuel des connaissances.
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Que
dit la réglementation ?
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Classification
étiquetage
Dans le cadre de la directive 67/548/CEE, concernant
la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances
dangereuses, 13 dérivés de l'éthylène glycol et 9 du
propylène glycol font l'objet d'une classification et d'un étiquetage
harmonisés ; 9 autres dérivés de l'éthylène glycol
et 3 du propylène glycol sont en cours de classification et
les résultats des discussions sont reportés dans un tableau
que vous pouvez consulter en cliquant ici.
Les éthers de glycol les plus utilisés ont été expertisés au
niveau européen, les phrases de risque reflètent donc généralement
bien leur toxicité. |
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La classification "Toxique pour la reproduction" comprend trois catégories
(Cat.). A ce jour, aucun éther de glycol n'est classé dans
la Cat. 1 qui correspond aux "substances connues pour altérer la fertilité
dans l'espèce humaine" avec des preuves reconnues chez l'homme.
Les éthers de glycol classés en Cat. 2 sont définis comme étant "des
substances devant être assimilées à des substances altérant la fertilité
et/ou causant des effets toxiques sur le développement dans l'espèce
humaine" et ceux classés en Cat. 3 comme "des substances préoccupantes
pour la fertilité dans l'espèce humaine et/ou des substances préoccupantes
pour l'homme en raison d'effets toxiques possibles sur le développement".
Pour en savoir plus sur les produits reprotoxiques, consultez le dossier
correspondant.
Outre leur examen dans un but de la classification et de l'étiquetage,
un certain nombre d'éthers de glycol ont fait ou feront l'objet d'une
évaluation de risques dans le cadre du règlement européen 793/93.
Mesures de réduction de risques
Depuis plusieurs années, des dispositions sont prises tant
au niveau européen que français. Par arrêté du
7 août 1997 modifié par arrêté du 13 octobre 1998, relatif
aux limitations de mise sur le marché et d'emploi de certains produits
contenant des substances dangereuses, le ministère français
chargé de la Santé interdit la mise sur le marché et l'importation
à destination du public des produits " cancérogènes, mutagènes
et toxiques pour la reproduction " des catégories 1 et 2, dont font
partie les quatre éthers de glycol déjà classés depuis plusieurs
années ainsi que les préparations en contenant 0,5% ou plus, à savoir
l'EGME, l'EGEE et leurs acétates. Les dérivés, récemment
classés reprotoxiques seront soumis à la même réglementation.
Cet arrêté ne s'applique pas à l'usage professionnel
où la réglementation française prévoit l'évaluation a priori des risques
à la charge de l'employeur et pour chaque poste de travail.
L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de
Santé (Afssaps)
a par ailleurs émis deux décisions (Décisions du 24 août 1999 publiées
au Journal Officiel) visant à interdire l'importation, l'exportation,
la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, la détention en
vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, l'utilisation
de certains produits destinés à l'homme (médicaments et cosmétiques)
contenant de l'EGME, de l'EGEE et/ou leurs acétates. Des dispositions
similaires concernant l’EGDME, le DEGDME et le TEGDME ont été
fixées par la Décision du 17 septembre 2004 pour les
cosmétiques. Le décret n° 2001-97 du 1er
février 2001 (dit "décret CMR"), modifiant
le code du travail, étend aux substances chimiques présentant des
dangers de toxicité pour la reproduction de catégorie 1 ou 2, les
mêmes contraintes que celles appliquées depuis le 1er janvier 1993
aux substances cancérogènes. Il fixe ainsi les règles d'utilisation
de ces produits, au nombre desquels figurent les éthers de glycol
les plus dangereux. Il est demandé à l'employeur de réduire l'utilisation
de ces substances sur le lieu de travail, notamment en les remplaçant,
dans la mesure où cela est techniquement possible, par une substance,
une préparation ou un procédé moins dangereux pour la santé ou la
sécurité des travailleurs (article R231-56-2 du code du travail).
Ce décret précise également, que "les femmes enceintes et les femmes
allaitant ne peuvent être affectées ou maintenues à des postes de
travail les exposant à des agents avérés toxiques pour la reproduction."
(articles R231-56-12 du code du travail). |
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Quelles sont les mesures de prévention
?
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Mesures de prévention
Les mesures de prévention reposent sur la limitation
de l'exposition respiratoire ou cutanée aux éthers de glycol
utilisés et sur la substitution des éthers de glycol les plus
dangereux par des substances moins dangereuses. Cette substitution
doit être effectuée à chaque fois que cela est techniquement possible
pour les éthers de glycol classés en catégorie 2 des toxiques pour
la reproduction. La substitution peut s'orienter vers un autre éther
de glycol de la série E ou P, aux propriétés physico-chimiques comparables,
dès lors que les données sont suffisantes pour confirmer un risque
moindre.
Prévention de l'exposition respiratoire
La prévention de l'exposition respiratoire doit être assurée
par des systèmes d'encoffrement et de captage au
plus près des émissions, de façon à évacuer les aérosols et les vapeurs
et à maintenir la concentration d'éthers de glycol dans l'atmosphère
du poste de travail au niveau le plus faible possible et en deçà des
valeurs
moyennes d'exposition professionnelle fixées en France ou, à
défaut à l'étranger pour cette famille de substances.
La
mesure des concentrations des éthers de glycol dans l'atmosphère
(métrologie) peut se faire suivant la méthodologie fixée par l'INRS
et les laboratoires interrégionaux de chimie des Caisses régionales
d'assurance maladie (CRAM).
Si ces mesures de protection collective s'avèrent insuffisantes, on
peut envisager le port d'une protection respiratoire du type masque
équipé d'une cartouche A2 P2.
Prévention de l'exposition cutanée
La prévention de l'exposition par voie cutanée passe par la
mécanisation de certaines tâches associée
au port d'équipements de protection individuelle, en particulier
de gants
résistants aux éthers de glycol tels ceux en caoutchouc butyle.
Contrôle du niveau d'exposition
Le niveau d'exposition peut-être contrôlé par des mesures de
concentration dans l'atmosphère ou par des mesures d'indicateurs
biologiques d'exposition dans les urines.
L'ACGIH (American Conference of Governmental Industrial
Hygienists - USA, 2001) propose la mesure dans les urines de l'acide
2-méthoxyacetique pour l'EGME et son acétate, et l'acide 2-éthoxy
acétique pour l'EGEE et son acétate. Un indicateur biologique d'exposition
pour le 2-butoxyethanol est en cours d'élaboration.
Le BAT-Wert (Biologischer Arbeitsstoff Toleranz Wert
- Allemagne, 2000) définit également des indicateurs biologiques d'exposition
pour ces mêmes éthers de glycol. |
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Quels
sont les travaux de l'INRS ?
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Études
et recherches
Le premier document, publié par l'INRS et précisant les risques
en cas d'exposition professionnelle à un éther de glycol, date de
1967. Il s'agissait d'une fiche toxicologique. Depuis, de nombreux
autres ont suivi, spécifiques à cette catégorie de produits, ou plus
généraux (prévention des risques liés aux solvants). Rappelons aussi
que, dès 1983, une note documentaire spécifiait quels étaient les
risques soupçonnés pour la reproduction humaine de certains éthers
de glycol (éthers monoalkylés de l'éthylèneglycol), cela en extrapolant
à l'homme les résultats trouvés sur l'animal (ND 1422).Au début des
années 1990, un projet de recherche multidisciplinaire initié par
l'INRS a porté sur la toxicité des éthers de glycol. Ce projet comprenait
13 études et était structuré en 8 axes. Il a mobilisé plusieurs services
de l'INRS et quatre partenaires extérieurs.
Depuis, à la suite de ce projet, deux études complémentaires ont été
confiées à des équipes de recherche extérieures :
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une étude épidémiologique portant sur les relations entre l'exposition
professionnelle des femmes aux éthers de glycol et la survenue
de malformations congénitales chez leurs enfants ;
une étude des effets hématologiques de plusieurs éthers de glycol
sur des cellules humaines en culture. |
Pour en savoir plus sur ce projet de recherche et sur les deux études
complémentaires, cliquez ici.
Évaluation
des Risques et Classification
Dans le cadre du règlement européen 793/93, le ministère
chargé du Travail a donné pour mission à l'INRS de réaliser l'évaluation
de risque pour les travailleurs de quatre éthers de glycol
largement utilisés : le butylglycol (EGBE), le 1-méthoxypropan-2-ol
(2PG1ME) et leurs acétates, qui sont les éthers de glycol
aujourd'hui les plus utilisés. Les ministères chargés de la Santé
et de l'Environnement étant responsables de l'évaluation des risques
pour le consommateur et l'environnement.
La classification et l'étiquetage des substances chimique évolue
au niveau européen, dans le cadre de la directive 67/548/CEE.
En 2004, 8 éthers de glycol ont ainsi vu leur classification
et leur étiquetage changer. Trois d'entre eux sont désormais
classés reprotoxiques de catégorie 2 : le TEGDME, l'EGDEE
et l'EGDME. |
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| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
Documents
INRS
"Le
point des connaissances sur... Les éthers de glycol". ED
5014, 2009, 4 p. (format pdf)
"Valeurs
limites d'exposition professionnelle aux agents chimiques en France". Aide mémoire technique. ED 984, 2007, 20 p. (format pdf)
MARTIN P. ; ELIAS P. ; PIERREL M. "Tests de résistance chimique des gants vis-à-vis de quetre éthers de glycol d'utilisation fréquente". ND 2242, 2006, 8 p. (format pdf)
CHARRETTON
M. ; FALCY M. ; TRIOLET J. "Peintures en phase aqueuse (ou peintures
à l'eau). Composition, risques toxicologiques, mesures de
prévention". Aide mémoire technique. ED 955,
2005, 16 p. (format pdf)
BINET S. ; ELIAS Z. ; HARMAND M.F. "Effets in vitro des éthers
et acétates de l'éthylène glycol et du propylène
glycol sur des cellules humaines en culture". Note scientifique
et technique NS
253, 2005, 40 p. (format pdf)
BEAUJEAN
M. ; BIOLCHINI R. ; BOUNIOL L. et coll. "Utilisation d'éthers
de glycol : une enquête dans des PME". TF
139 , 2005, 10 p. (format pdf)
"Les Ethers
de glycol", Fiche solvant, ED
4222, 2004, 6 p. (format pdf)
"Classification
et étiquetage des éthers de glycol (annexe I de la Directive
67/548/CEE) : différents dérivés classés ou en cours de classification".
2004, 8 p. (format pdf - 130 ko)
"Valeurs
limite d'exposition professionnelle des éthers de glycol".
2006, 1 p. (format pdf - 60 ko)
Fiche de prélèvement n° 22 "Metropol" : éthers de
glycol. 2009, 9 p. (format pdf)
"Ethers
de glycol. Matrice emplois-expositions". INRS, ND
2009, 1996, 14 p. (format pdf)
Fiches
toxicologiques
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2-Ethoxyéthanol, FT
58, 1999, 6 p. (Format pdf)
2-Butoxyéthanol, FT
76, 2005, 5 p. (Format pdf)
2-Méthoxyéthanol, FT
103, 1999, 6 p. (Format pdf)
Acétate de 2-butoxyéthyle, FT 126, 2007, 6 p. (format pdf)
Acétate de 2-méthoxyéthyle, FT
131, 1999, 4 p. (Format pdf)
1-Méthoxy-2-propanol et son acétate, FT
221, 2010, 9 p. (format pdf)
2-(2-Méthoxyéthoxy)éthanol, FT
222, 2006, 4 p. (format pdf)
2-(2-Butoxyéthoxy)éthanol et son acétate, FT 254, 2005, 6 p. (format pdf)
2-(2-Ethoxyéthoxy)éthanol et son acétate, FT 255, 2005, 6 p. (format pdf) |
Risque
pour la fonction de reproduction. (dossier
web)
Actualité
Éthers de glycol : mises au point de l'INRS et de son Conseil
d'administration (format pdf)
Autres références en
ligne
"Prévention
des risques liés à la fabrication et à l'utilisation
des éthers de glycol". Recommandation de la Caisse nationale
és (CNAMTS), R 391. 2002, 23 p. (format pdf)
Maladies
professionnelles engendrées par les solvants organiques liquides
à usage professionnel (tableau
n° 84)
Dossier
de la DGS (Direction générale de la Santé),
dont l'avis du CSHPF (Conseil supérieur d'hygiène
publique de France), 2006
www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/ethersglycol/sommaire.htm
"Ethers de glycol : nouvelles données toxicologiques".
Expertise collective. Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). 2006, 155 p. (pdf)
http://ist.inserm.fr/CONSULT/ws/elgis/fqmr/rapp/Blob/1591.pdf?w=NATIVE
('titre_rec+ph+like+''éthers+de+glycol''')&upp=0&r=1&m=1 |
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Autres références bibliographiques |
Proceedings of the International Symposium on health hazards of glycol
ethers. (Actes du symposium international sur les risques pour la
santé liés aux éthers de glycol). Pont-à-Mousson, 19-21 avril 1994;
Occupational Hygiene. Risk Management of Occupational Hazards,
vol. 2, n° 1-6, 1-456. |
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