Ce dossier ne couvre pas le domaine
de l’expérimentation animale, dès lors que des animaux
sont infectés volontairement à des fins de recherche. Il ne
traite pas non plus de la prévention lors de la manipulation en laboratoire
d’agents biologiques responsables de zoonoses. Il n’aborde pas
le risque éventuel de transmission inter-humaine pour le personnel
soignant, ce risque ne concernant que quelques zoonoses.
Ce
qu’il faut retenir
Les zoonoses sont des maladies transmissibles de l’animal à
l’homme. Les agents biologiques responsables des zoonoses
peuvent être des bactéries, des champignons microscopiques,
des parasites, des virus ou des prions.
| Agents biologiques
responsables des zoonoses |
Agent |
Définition |
Bactérie |
Etre microscopique, le plus
petit organisme vivant autonome, formé d’une cellule,
de forme et de taille variable (en moyenne 1 à 10 microns) |
Champignon microscopique |
Etre vivant microscopique
(1 à 100 microns), pouvant être composé d'une
cellule (levures) ou de plusieurs cellules (moisissures). Les levures
ont généralement une forme ronde, alors que les moisissures
s'étirent en filaments ramifiés. |
Parasite |
Organisme qui vit aux dépens
d’un organisme d’une autre espèce. Grande diversité
de taille et de forme. |
Virus |
Agent microscopique extrêmement
petit, ne pouvant vivre et se multiplier qu’à l’intérieur
d’une cellule vivante. |
Prion ou agent transmissible
non conventionnel (ATNC) |
Particule responsable de
maladies dégénératives du système nerveux
central (tremblante du mouton, maladie de la vache folle…).
Sa nature exacte n’est pas encore connue. |
Les agents biologiques responsables des zoonoses, comme toutes les espèces
vivantes, portent des noms latins (que l’on écrit en italique).
Citons par exemple la bactérie Mycobacterium bovis, qui
est l’agent responsable de la tuberculose bovine.
L’agent biologique responsable d’une zoonose
se transmet de l’animal à l’homme en suivant
une chaîne de transmission (appelée également
chaîne épidémiologique), notion importante qui sert
à la fois à l’évaluation des risques et à
la mise en place des mesures de prévention.
Cette chaîne est constituée de cinq maillons : le réservoir
d’agents biologiques, les portes de sortie ou les modes d’accès
au réservoir, la transmission, les portes d’entrée et
l’hôte potentiel.
Dans le cas des zoonoses, ces maillons sont les suivants :
| |
réservoir : tout ou partie d’un animal (vivant ou mort),
ainsi que l’environnement souillé ou contaminé
par les déjections (eau, locaux, outils…).
portes
de sorties : selon la zoonose, c’est la salive, les urines,
les eaux fœtales, le sang, les déjections…
transmission
: par voie aérienne (poussières ou gouttelettes contaminées),
par contact avec la peau ou les muqueuses, par piqûre, blessure
ou morsure, en mangeant ou en fumant avec des mains contaminées
ou en portant les mains ou un objet contaminé à la bouche.
Un vecteur vivant (tique ou moustique par exemple) peut également
inoculer certaines zoonoses.
portes
d’entrée : selon le mode de transmission, il s’agit
des voies respiratoires, des muqueuses, de la peau, de la voie sanguine
et de la voie digestive.
hôte
potentiel : en milieu professionnel, l’homme au travail. |
En matière de prévention, il s’agit de rompre
cette chaîne de transmission, à un ou plusieurs niveaux.
Les mesures de prévention doivent avant tout porter sur l’origine
des risques, donc sur le réservoir. En complément,
on agira aussi sur les autres maillons de la chaîne. Les mesures de
prévention présentées plus loin dans ce dossier sont
à adapter à la zoonose et au secteur professionnel concernés.
Les activités professionnelles concernées par les zoonoses
sont très diverses, notamment : élevages, commerces d’animaux
(animaux d’élevage et de compagnie), douanes, parcs zoologiques,
abattoirs, travaux en forêt (bûcheron, garde forestier…),
taxidermie (naturalisation d’animaux), équarrissage (destruction
de cadavres et de déchets animaux), métiers de l’environnement
(collecte et traitement des eaux usées et des déchets, entretien
des berges des rivières et des canaux…).
Selon l’agent biologique en cause, les principales répercussions
sur la santé des zoonoses sont très variables dans leur localisation
(lésion cutanée, pneumonie, ictère communément
appelé jaunisse…), leur gravité (simple fièvre,
complications cardiaques ou pulmonaires pouvant entraîner la mort…)
ou le temps d’apparition (quelques heures, jours ou mois). Par ailleurs,
certaines zoonoses, comme la fièvre Q ou la toxoplasmose par exemple,
peuvent aussi perturber le bon déroulement ou l’issue d’une
grossesse.
Des fiches pratiques sur les principales zoonoses rencontrées
en milieu professionnel sont établies pour répondre aux interrogations
des travailleurs exposés. L’objectif de ces fiches
est :
| |
d’aider à l’évaluation des risques,
de présenter
les mesures de prévention applicables, y compris les principales
consignes d’hygiène. |
Quelques
chiffres
Les données chiffrées disponibles sur les zoonoses en France
sont rares et difficiles à exploiter : enregistrement non systématique,
pas de centralisation des données au niveau national…
Face à l’insuffisance des données pour la plupart
des zoonoses non alimentaires, l’Institut de veille sanitaire (InVS)
a défini un calendrier des investigations à mener de façon
prioritaire afin d’évaluer leur importance et d’organiser
leur prévention.
Pour en savoir plus, consultez « Définition des priorités
dans le domaine des zoonoses non alimentaires 2000-2001. Janvier 2002 »,
disponible sur le site de l’InVS.
| |
Zoonoses
professionnelles les plus fréquentes
D’une façon générale, les données
chiffrées concernant les risques biologiques en milieu professionnel,
y compris les zoonoses, sont rares et peu pertinentes du fait qu’il
n’existe pas d’enregistrement systématique généralisé.
Même les chiffres des statistiques nationales des maladies professionnelles
ne sont pas significatifs du fait des caractéristiques de certaines
pathologies :
| |
formes inapparentes, ou bénignes non déclarées,
relation avec l’activité professionnelle non faite.
|
On peut citer deux exemples à titre d’illustration de
ce manque de données chiffrées représentatives.
Disparité
des données disponibles concernant les zoonoses professionnelles
: deux exemples |
| |
Leptospirose
Cette zoonose, transmise essentiellement par les urines
des rongeurs, est un problème de santé publique,
avec 700 à 800 cas annuels. Rapporté à
la population, ce problème est encore plus préoccupant
dans les départements d’outre-mer.Ainsi,
entre 1998 et 2000, on a enregistré 267 à
300 cas annuels en métropole et 266 à 453
cas dans les DOM-TOM. Sur 843 dossiers analysés,
on note une origine professionnelle possible pour 160
de ces dossiers (dont 83 au moins relevant du régime
agricole). Durant cette même période, les
statistiques nationales des maladies professionnelles
ne rapportent que 4 à 5 cas par an relevant du
tableau n° 19 du régime général
(qui couvre les spirochétoses, c’est à
dire à la fois les leptospiroses et les maladies
de Lyme).
Ornithose-psittacose
Cette zoonose est transmise par les oiseaux. Il s’agit
d’une maladie à transmission aérienne,
dont les cas rapportés concernent essentiellement
les éleveurs et amateurs d’oiseaux d’ornement,
ainsi que les métiers en rapport avec les volailles
vivantes (élevage, transport, abattage).
Entre 1989 et 2001, les statistiques nationales des maladies
professionnelles ne rapportent que 39 cas au total, soit
une moyenne de 3 cas par an (1989 étant la date
de la création du tableau n° 87 du régime
général). En 2003, le service Prévention
de la CRAM des Pays de la Loire a mené une enquête
sur cette maladie auprès des responsables des entreprises
les plus concernées et de leurs médecins
du travail (suite aux 24 cas reconnus entre 1989 et 2001
dans cette région). Cette enquête a fait
remonter, de façon informelle, 61 cas pour les
salariés de ces entreprises et 35 cas parmi les
prestataires. |
|
Il est difficile d’estimer l’importance des zoonoses
d’origine professionnelle en France.
En effet, le nombre de zoonoses professionnelles est sous
estimé du fait d’une absence de déclaration
:
| |
soit parce que le lien avec la profession n’est pas toujours
fait, ni par le médecin soignant, ni par le malade,
soit parce que, la maladie ayant guéri sans séquelles,
l’intéressé ne juge pas utile d’établir
un dossier de demande de reconnaissance en maladie professionnelle.
|
Il ne faut donc pas se baser sur la faible importance des données
extraites des statistiques nationales des maladies professionnelles
pour mettre en place des actions de prévention.
Secteurs
ou professions concernés
Rappelons que 15 % des salariés déclarent être
exposés à des risques biologiques (selon les premiers
résultats de l’enquête SUMER 2003, enquête
nationale portant sur les conditions de travail et les expositions
professionnelles). Seule une partie de ces salariés est exposée
à un risque de zoonoses.
On ne peut donner d’estimation du nombre de salariés
concernés par le risque de zoonose par secteur d’activité.
Seuls peuvent être listés les secteurs ou les activités
les plus concernés par le risque de zoonoses, qui sont de nature
très diverses :
| |
métiers en rapport avec les animaux domestiques de rente,
qu’ils soient vivants ou morts,
filière des animaux de compagnie,
métiers de l’environnement en contact avec la faune
sauvage. |
|
Facteurs
de risque de survenue
La survenue de zoonose(s) chez un travailleur dépend de plusieurs
facteurs de risque :
| |
exercer une profession (ou travailler dans un secteur d’activité)
à risque d’exposition,
réunir certaines conditions d’exposition,
éventuellement présenter un ou plusieurs facteurs individuels
favorisant le risque de contamination. Postes
ou secteurs d’activités
Certaines professions sont plus à risques que d’autres.
Mais on peut considérer que tous les secteurs d’activités
sont concernés à partir du moment où il y a possibilité
d’exposition à des animaux ou un environnement souillé
par des animaux. En effet, des animaux apparemment sains peuvent être
porteurs d’agents de zoonoses transmissibles à l’homme.
Parmi les activités professionnelles, on pense en premier lieu
aux métiers suivants :
| |
Métiers en rapport avec les animaux domestiques
de rente, qu’ils soient vivants ou morts : élevages
proprement dit, soins aux animaux, transports d’animaux,
abattoirs, services d’équarrissage…
Métiers de la filière des animaux de compagnie,
qu’il s’agisse de compagnons « classiques
» (chien, chat…) ou de « NAC », nouveaux
animaux de compagnie tels que reptiles, furets…
Métiers au contact d’animaux sauvages.
La faune locale présente dans les milieux naturels (forêts,
zones aquatiques…) peut contaminer les gardes-chasse,
gardes-pêche ou les forestiers. Les animaux sauvages destinés
à la captivité (parcs zoologiques) posent des
problèmes spécifiques lorsqu’ils proviennent
de contrées lointaines où ils ont pu être
contaminés par des agents biologiques qui ne sont pas
naturellement présents en France. |
D’autres métiers peuvent être également
concernés, même si le risque paraît moins évident
à première vue : il s’agit souvent d’intervenants
extérieurs (électriciens, poseurs d’antenne, réalisateurs
de documentaires animaliers…), dès lors qu’ils
interviennent dans un « environnement à risque ».
Les douaniers peuvent également être concernés,
en particulier en cas d’importation illégale d’animaux
ou de produits animaux. Conditions
d’exposition
On entend par « conditions d’exposition » la nature,
l’importance ou la répétition de l’exposition
à la nuisance… Mais pour les zoonoses,
comme pour d’autres maladies relevant des risques biologiques,
on doit raisonner en terme d’exposition potentielle.
Il n’est pas possible de raisonner comme pour le risque chimique
: présence matérielle de substances chimiques, nature
de ces substances, concentrations au poste de travail (en référence
à une valeur limite d’exposition), fréquence de
l’utilisation donc de l’exposition… Plusieurs de
ces éléments vont manquer pour les zoonoses :
| |
Comme tous les micro-organismes, les agents biologiques responsables
des zoonoses sont invisibles à l’œil nu.
Leur présence est aléatoire et variable dans l’environnement
de travail. Pour un même activité, le risque d’exposition
à certaines zoonoses peut varier selon les zones géographiques,
les saisons...
Les doses infectieuses minimales (qui entraînent la contamination
de 25 à 50 % des individus exposés dans des conditions
similaires) ne sont connues que pour un très petit nombre
d’agents biologiques.
De façon générale, la métrologie
des agents biologiques pose de nombreux problèmes. Dans
le contexte des zoonoses, elle ne présente pas d’intérêt
pour l’évaluation des risques d’exposition.
|
Modes
d’exposition
Différents modes d’exposition peuvent conduire à
la survenue d’une zoonose en milieu professionnel. Selon sa
nature, un agent biologique peut contaminer un travailleur après
pénétration dans l’organisme par une ou plusieurs
portes d’entrée : la peau et les muqueuses, les voies
respiratoires, la voie digestive et la voie sanguine en cas de blessure.
Par exemple, en situation professionnelle, la maladie du charbon peut
être transmise par contact cutané (avec une peau abîmée)
ou par voie respiratoire.
| Principaux
modes de transmission des zoonoses en milieu professionnel |
Porte d’entrée |
Exemples |
Voies respiratoires |

Inhalation de gouttelettes émises lors de la toux par
un animal tuberculeux.

Inhalation de poussières contaminées par des
déjections, des placenta ou des sécrétions
génitales d’animaux atteints de la fièvre
Q.

Inhalation d’aérosols produits par l’utilisation
de jets d’eau à haute pression sur un environnement
souillé par des déjections. |
Peau et muqueuses |

Contact de la peau avec des eaux douces souillées par
des urines de rongeurs, lors de la manipulation de matériel
immergé, dans le cas de la leptospirose.

Contact entre muqueuses oculaires et mains contaminées
(en se frottant les yeux), dans le cas de la grippe aviaire. |
Voie digestive |

Contact entre bouche et mains contaminées par des déjections
animales contenant des salmonelles (en mangeant ou en fumant). |
Voie sanguine |

Piqûre d’une tique au cours d’un travail
en forêt, dans le cas de la maladie de Lyme.

Blessure avec une esquille d’os ou une arête de
poisson, dans le cas du rouget du porc. |
Ce tableau n’est donné qu’à
titre indicatif. Tous les cas ne sont pas listés ici.
Facteurs
individuels
Nous ne sommes pas tous égaux face au risque infectieux. Des
facteurs individuels peuvent intervenir dans le risque de développer
une zoonose après une contamination, en particulier en cas
de déficit immunitaire.
Les personnes concernées par un possible déficit immunitaire
ne sont pas seulement celles qui sont porteuses de VIH (virus de l’immunodéficience
humaine). L’affaiblissement des défenses immunitaires
peut avoir plusieurs origines : convalescence après une infection
respiratoire virale, traitement par la cortisone pour une atteinte
rhumatismale chronique, traitement après une greffe d’organe…
La grossesse est également une période où les
défenses immunitaires sont amoindries.
Certains salariés peuvent avoir une immunité acquise
vis à vis de certaines infections après un contact avec
un agent pathogène, qu’ils aient été malades
ou non. Cependant toutes les maladies infectieuses ne sont pas immunisantes.
Les défenses immunitaires peuvent également être
stimulées par la vaccination. Certaines vaccinations protègent
totalement si les rappels sont régulièrement effectués
(tous les 10 ans dans le cas du tétanos). D’autres ont
un champ d’action plus restreint. Ainsi, la vaccination contre
la leptospirose ne protège que contre une variété
de leptospires, agents responsable de la maladie.
Enfin, le nombre de vaccins disponibles contre les zoonoses est limité.
Etre vacciné contre un ou plusieurs agents biologiques responsables
de zoonoses n’autorise pas à « baisser la garde
» : respecter les principes généraux de prévention
est impératif quel que soit le statut vaccinal. |
|
Répercussions
des zoonoses sur la santé
Selon l’agent biologique en cause, les répercussions des
zoonoses sur la santé sont très variables quant à
leur localisation (lésion cutanée, pneumonie, ictère
souvent appelé jaunisse…), leur gravité (simple fièvre,
complications cardiaques ou pulmonaires pouvant entraîner la mort…)
ou le temps d’apparition des premiers symptômes (quelques
heures, jours ou mois).
Ainsi, 24 à 48 heures après une simple écorchure,
le rouget du porc peut n’entraîner qu’une simple lésion
cutanée, une plaque rouge-violacé avec sensation de brûlure.
Sous traitement, l’évolution est généralement
bénigne avec une guérison en 2 à 4 semaines. En l’absence
de traitement, la lésion cutanée peut se compliquer d’une
ou plusieurs atteintes articulaires. Chez des personnes fragilisées,
la maladie peut se compliquer d’une septicémie, toucher une
valve cardiaque (on parle alors d’endocardite).
La leptospirose, 1 à 3 semaines après une contamination,
peut être une simple maladie pseudo- grippale. Mais certaines variétés
de leptospires (agents biologiques responsables de la leptospirose) sont
plus virulentes que d’autres : la maladie peut se présenter
sous forme d’une atteinte grave d’un ou plusieurs organes,
foie (70 % des cas), reins (50 à 70 % des cas) ou cerveau (50 %
des cas), et conduire au décès dans 5 % des cas.
Par ailleurs, certaines zoonoses, comme la fièvre Q ou la toxoplasmose
par exemple, peuvent aussi perturber le bon déroulement ou l’issue
d’une grossesse.
Les signes cliniques de la plupart des zoonoses ne sont donc pas spécifiques.
Il est important pour le salarié qui consulte son médecin
d’évoquer les risques liés à sa profession.

Contexte
réglementaire
Le cadre réglementaire de la prévention des risques
liés à l’exposition à des agents biologiques
responsables de zoonoses est identique à celui de tout autre risque.
La prévention des risques professionnels s’appuie sur une démarche
dont les principes généraux sont édictés par
le Code du travail (articles L. 4121-1 à L. 4121-5).
| Principes généraux
d’une démarche de prévention : principales obligations
de l’employeur |
|
|
D’après les articles L. 4121-1 à L. 4121-5 du Code
du travail
L’évaluation des risques constitue le point
de départ de la démarche de prévention qui
incombe à tout employeur dans le cadre de son obligation générale
de sécurité à l’égard des travailleurs.
Pour l’aider dans cette démarche, l’employeur
peut notamment faire appel au Comité d'hygiène,
de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et/ou au
médecin du travail.
| |
Le CHSCT, dans le cadre des missions qui lui sont attribuées
(articles L. 4612-1 à L. 4612-7, R. 4612-1 et R. 4612-2 du Code du travail), notamment celle d’analyse
des risques, dispose d’informations sur les risques présentés
par les postes de travail. Il est un acteur essentiel de l’évaluation
des risques.
Le médecin
du travail devrait être systématiquement associé
à l’évaluation des risques, en particulier dans
ce contexte de zoonoses. |
Pour les métiers directement en contact avec les animaux
(élevage, abattoirs, animaleries…), l’employeur peut
également faire appel à son vétérinaire,
notamment pour obtenir des données sur l’épidémiologie
animale et sur la situation sanitaire régionale.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels,
consultez notre dossier.
Les résultats de l’évaluation des risques doivent
être transcrits dans le document
unique (article R. 4121-1 du Code du travail). Au-delà
du strict respect de l’obligation réglementaire, ce document
doit permettre à l’employeur d’élaborer
un plan d’action définissant les mesures de prévention
appropriées aux risques identifiés.
Concernant le risque zoonoses en milieu professionnel, il est également
indispensable de prendre en considération les dispositions spécifiques
relatives aux agents biologiques, en particulier celles spécifiques
aux zoonoses.
| |
Dispositions
spécifiques aux agents biologiques en milieu de travail
Le dispositif réglementaire de prévention du risque
biologique figure également dans le Code du travail (articles
R. 4421-1 à R. 4427-5). Ces dispositions font application
des principes généraux de prévention (mentionnés
à l’article L. 4121-2) aux activités utilisant
des agents biologiques ou pouvant conduire à une exposition
à des agents biologiques.
La réglementation (Code du travail) classe les agents biologiques
en quatre groupes, en fonction de la gravité du risque d’infection
qu’ils représentent pour l’homme. Les agents pathogènes,
y compris ceux des zoonones, sont classés dans les groupes
2, 3 et 4 en fonction de leur pathogénicité croissante.
Il n’existe de liste que pour ces trois groupes.
Le groupe 1 comprend les agents biologiques qui n’entraînent
pas de maladie infectieuse chez l’homme. Il n’en existe
pas de liste, ces agents étant innombrables. Le fait qu’un
agent biologique ne soit pas classé dans les listes des groupes
2, 3 et 4 ne signifie pas qu’il relève du groupe 1 et
qu’il n’est pas pathogène.
Devant une maladie infectieuse émergente, la pathogénicité
de l’agent biologique responsable est évaluée
par des experts selon les critères retenus par la réglementation
pour la classification des agents biologiques (voir tableau).
| Présentation
simplifiée de la classification réglementaire
des agents biologiques |
| |
Groupe
1 |
Groupe
2 |
Groupe
3 |
Groupe
4 |
| Susceptible de provoquer une maladie chez
l’homme |
non |
oui |
grave |
grave |
| Constitue un danger pour les travailleurs |
- |
oui |
sérieux |
sérieux |
| Propagation dans la collectivité |
- |
peu probable |
possible |
risque élevé |
| Existence d’une prophylaxie ou d’un
traitement efficace |
- |
oui |
oui |
non |
Au sein du groupe 3, certains agents biologiques
pathogènes sont notés 3* : il s’agit d’agents
biologiques qui ne sont normalement pas transmissibles par voie aérienne.
Dans le groupe 4, on ne trouve que des virus, dont les réservoirs
ne se trouvent pas naturellement en Europe. Mais la possibilité
d’une importation d’un animal porteur d’un virus
de groupe 4 doit être envisagée dans le cas de certaines
activités (douanes, parcs zoologiques, animaleries…).
Le classement
officiel des agents biologiques pathogènes des groupes
2, 3 et 4 est disponible sur notre site dans un document reprenant
les arrêtés correspondants.
En complément de ces dispositions, un arrêté visant
le risque de transmission de zoonoses définit les mesures de
prévention (conception des installations, choix des matériels,
moyens d’hygiène et pratiques de travail) s’appliquant
aux établissements employant des travailleurs susceptibles
d’être en contact avec des animaux domestiques ou des
animaux sauvages (apprivoisés, tenus en captivité ou
libres) vivants ou morts, ou des déchets contaminés
(arrêté du 4 novembre 2002). Cet arrêté,
avec ses annexes, a été reproduit dans un document INRS
téléchargeable ici.
Pour en savoir plus sur le risque biologique en général,
consultez notre
point sur le sujet.
Dispositions de santé publique ou de santé animale spécifiques
à certaines zoonoses
Notons que certaines zoonoses relèvent de dispositions réglementaires
spécifiques soit à la santé publique (maladie
à déclaration obligatoire), soit à la santé
animale (maladie animale réputée contagieuse) :
| |
Maladies à déclaration obligatoire :
certaines zoonoses figurent dans cette liste régulièrement
mise à jour. Le signalement de ces maladies permet aux
autorités de mettre en place des mesures de santé
publique ou d’adapter les mesures déjà existantes,
comme par exemple pour la tuberculose.
Consultez la liste
des maladies à déclaration obligatoire sur le
site de l’Institut national de veille sanitaire (InVS)
Maladies animales réputées contagieuses
(MRC) : certaines zoonoses sont inscrites dans cette
nomenclature, régulièrement mise à jour.
La déclaration d’une MRC donne lieu à l’application
des mesures de police sanitaire pour les populations animales,
comme par exemple dans le cas de la brucellose. |
|
|
Démarche
concrète de prévention
Les mesures de prévention proposées dans ce chapitre doivent
être considérées dans la perspective d’une démarche
de prévention globale mise en place dans l’entreprise. La prévention
doit être intégrée le plus en amont possible, en passant
par des mesures d’organisation du travail, d’information et
de formation du personnel. La prévention sera d’abord technique
et collective.
Ces mesures de prévention doivent également être adaptées
à l’activité professionnelle considérée.
| |
Evaluation des risques
Dans le cas des activités professionnelles exposant à
des agents biologiques pouvant être responsables de zoonoses,
la démarche d’évaluation des risques est facilitée
par les notions développées plus haut concernant la
chaîne de transmission. L’identification des réservoirs,
le repérage des portes de sortie, des voies de transmission
et des portes d’entrée sont autant d’éléments
permettant cette évaluation. Elle nécessite une bonne
analyse de l’ensemble des tâches effectuées.
La première étape de l’évaluation
est celle de l’identification des dangers. Dans le cas des zoonoses,
il s’agit d’identifier le réservoir, premier
maillon de la chaîne de transmission : tout ou partie d’un
animal (vivant ou mort), ainsi que l’environnement souillé
ou contaminé par les déjections (eau, locaux, outils…).
L’identification du danger biologique lié à l’activité
s’appuie sur :
| |
la conscience collective du risque (travail en équarrissage,
dans les égouts…),
le repérage des activités désignées
dans les tableaux de maladies professionnelles,
les données publiées rapportant les agents biologiques
les plus probables (par exemple, savoir de quels agents responsables
de zoonoses une espèce animale est susceptible d’être
réservoir) ou les maladies les plus fréquemment
rencontrées dans un type d’activité donné.
|
Ce repérage des dangers, accessible sans connaissances médicales
particulières, peut être affiné par des données
complémentaires (épidémiologie, particularités
régionales…), d’où l’intérêt
d’une évaluation en équipe pluridisciplinaire
intégrant le médecin du travail et le vétérinaire
attachés à l’établissement.
Parallèlement, la visite des postes de travail est indispensable
pour analyser les conditions d’exposition aux agents biologiques.
Comment
analyser les conditions d’exposition au risque de zoonoses
? |
| |
Identifier les tâches, procédés
ou équipements susceptibles de générer
une exposition du travailleur avec un animal ou son environnement
Pour qu’il y ait risque d’infection, il faut
que les agents biologiques puissent sortir du réservoir
ou que le travailleur puisse avoir accès à
ce réservoir. Par exemple pour qu’il
y ait un risque de leptospirose (maladie transmise par
les urines de rongeurs), il faut que le travailleur puisse
entrer en contact avec un environnement souillé
par des rongeurs. Ainsi, bien qu’appartenant tous
à la même entreprise, les techniciens qui
descendent en égout peuvent être exposés,
alors que le personnel administratif ne l’est pas.
Considérer la nature ou la modalité
de l’exposition
En milieu professionnel, dans le cas des zoonoses, l’exposition
peut avoir lieu par voie aérienne, par contact
avec la peau ou les muqueuses, par inoculation accidentelle,
ou par voie digestive (en portant les mains ou un objet
contaminé à la bouche). En reprenant
l’exemple de la leptospirose, c’est le contact
de la peau avec un environnement souillé par des
rongeurs qui peut être à l’origine
d’une contamination, comme les mains manipulant
un outil qui a trempé dans des eaux douces contaminées.
Apprécier la durée et la fréquence
de l’exposition
La durée et la fréquence de l’exposition
majore l’importance du risque, mais dans le contexte
de zoonoses, comme pour toute autre maladie infectieuse
ou parasitaire, il suffit parfois d’une brève
exposition pour être contaminé.
Toujours dans cet exemple de la leptospirose, une seule
descente en égout pour tirer un câble peut
entraîner la contamination d’un électricien.
|
|
Cette démarche d’évaluation des
risques aboutit au repérage des situations d’exposition
potentielle à un risque de zoonoses : postes et/ou
gestes professionnels ou étapes des procédés
mis en œuvre. Cette notion d’exposition potentielle est
par la suite systématiquement prise en compte dans la démarche
de prévention.
Suppression / réduction des risques
On réduit ou limite les conditions d’exposition
aux agents responsables de zoonoses en intervenant sur les
procédés, méthodes ou postes de travail. Il s’agit
de rompre la chaîne de transmission en cassant un ou plusieurs
maillons.
Il existe trois types de mesures :
| |
agir sur la source de l’infection, le réservoir,
agir sur le mode de transmission,
agir au niveau du salarié potentiellement exposé
(procédures de travail et hygiène individuelle).
|
Ces mesures sont à envisager et à adapter selon les
secteurs professionnels et selon l’agent biologique en cause.
| |
Agir sur la source de l’infection
Les mesures de prévention doivent avant tout porter sur
l’origine des risques donc sur le réservoir. Citons
par exemple les actions suivantes :
| |
Empêcher la constitution d’un réservoir
par la vaccination des animaux ou par le dépistage
et le traitement en cas de maladie (par exemple les animaux
de parcs zoologiques).
Détruire le réservoir. Cette destruction
est parfois imposée par les autorités sanitaires,
comme par exemple l’abattage d’un troupeau
en cas de brucellose ou la destruction d’un élevage
de volailles atteintes par la grippe aviaire.
Nettoyer et désinfecter les locaux.
Lutter contre la prolifération des insectes et
des rongeurs susceptibles de diffuser l’agent pathogène.
|
Agir sur le mode de transmission
Le deuxième niveau d’action concerne la transmission
des agents biologiques pathogènes.
En élevage, en cas de maladie animale, il convient de
:
| |
Isoler les animaux atteints.
Limiter l’accès des lieux d’isolement
aux professionnels indispensables afin de réduire
le risque de contamination pour les autres animaux et
les hommes.
Placer les cadavres d’animaux dans un emplacement
réservé à cet effet dans l’attente
de l’enlèvement par les services de l’équarrissage.
|
De façon plus générale, il est recommandé
de :
| |
Séparer les zones non contaminées (locaux
administratifs, salle de restauration, zone de rangement
des effets personnels dans les véhicules de transport
d’animaux…) et les zones souillées
par les animaux ou leurs déjections.
Appliquer, quand c’est possible, le principe de
la « marche en avant », du sale vers le propre
sans possibilité de retour en arrière, comme
c’est le cas par exemple en abattoir.
Utiliser des conteneurs spécifiques adaptés
pour l’élimination des déchets contaminés.
Améliorer la ventilation et l’assainissement
de l’air des locaux de travail, afin de réduire
le risque de transmission par inhalation.
Limiter les projections, par exemple en réduisant
l’utilisation de jets d’eau à haute
pression dans un environnement souillé par des
animaux. |
Agir au niveau du salarié potentiellement exposé
Quand les mesures de protection collective ne suffisent pas
ou ne peuvent pas être mises en place rapidement (remise
en cause de l’organisation du travail, nouvelle conception
des locaux et/ou des matériels…), il est nécessaire
d’agir sur les portes d’entrée :
| |
Fournir les équipements de protection individuelle
adaptés au contexte professionnel tels que gants,
vêtements de protection, lunettes, appareils de
protection respiratoire.
Veiller à l’utilisation effective de ces
équipements, ainsi qu’à leur nettoyage
et leur entretien.
Mettre à disposition les moyens d’hygiène
nécessaires (vestiaires séparés pour
les vêtements de ville et les vêtements de
travail, installations sanitaires, moyens de lavage des
mains et du visage…).
Faire connaître les mesures d’hygiène
individuelle (voir encadré). |
Zoonoses
et mesures d’hygiène individuelle |
Le respect des
mesures individuelles d’hygiène est indispensable,
pour autant qu’auront été mises
en place toutes les facilités d’accès
aux installations sanitaires correspondantes, y compris
sur les chantiers mobiles et dans les véhicules.
Principales mesures :
|
Pour en savoir plus sur les équipements de protection
individuelle, consultez notre dossier
Web. |
Application
de la démarche de prévention du risque de zoonose
Exemple de l’ornithose dans trois situations professionnelles
différentes |
L’ornithose est
une infection pulmonaire due à la bactérie Chlamydophila
psittaci. Elle peut être transmise à l’homme
par des oiseaux infectés, domestiques ou sauvages (perruches,
perroquets, dindes, pigeons, canards...). Les bactéries
sont excrétées dans les fientes qui contaminent
le plumage et l’environnement. Les fientes desséchées
forment des poussières qui peuvent contaminer l’homme
par inhalation.
Tout travail en présence d’oiseaux ou de leur
environnement souillé (litières, locaux d’élevage,
véhicules de transport…) présente un risque
d’exposition. Ainsi sont notamment concernés
les éleveurs, les ramasseurs de volailles, le personnel
des animaleries, les salariés d’abattoirs de
volailles, les travailleurs effectuant la collecte et la valorisation
des plumes, les vétérinaires, les taxidermistes…
mais aussi les personnes travaillant sur des sites pollués
par les fientes d’oiseaux sauvages, pour la réfection
de toitures, la pose d’antennes …
Les mesures de prévention doivent être adaptées
à l’activité professionnelle considérée.
|
Activité concernée
|
Animalerie d’oiseaux d’ornements
|
Abattoir de volailles
|
Travaux sur
toiture, terrasse… souillés par des fientes
d’oiseaux |
| Niveau
d’action |
Agir sur la source
de l’infection |

Contrôle sanitaire à l’importation

Optimisation des conditions d’élevage (densité
des animaux, conditions de température et d’humidité…)

Protection contre les contacts avec les oiseaux sauvages

Surveillance et détection de la maladie

Traitement des oiseaux malades |
Pas d’action possible
L’infection est souvent inapparente chez les
volailles. De plus, elle n’est pas dépistée
car elle ne rend pas la viande impropre à la
consommation. |
Pas d’action possible |
Agir sur le mode de transmission |

Isolement des animaux malades

Limiter l’accès à ces animaux aux
seules personnes nécessaires et après
les avoir informées des risques et précautions
à prendre |

Limiter l’agitation des volailles (afin de limiter
la mise en suspension de poussières contaminées)

Ventiler et/ou capter à la source pour les postes
d’accrochage, de saignée, de plumage

Nettoyer les machines et les locaux en évitant
l’utilisation de jets d’eau à haute
pression |

Limiter la mise en suspension des poussières

Humidifier les surfaces (si possible)

Nettoyer en évitant les jets d’eau à
haute pression |
Agir au niveau du salarié
potentiellement exposé |

Port d’appareil de protection respiratoire en
cas d’épidémie |

Port d’appareil de protection respiratoire sur
les postes exposés pour la prise en charge de
lots suspects |

Port d’appareil de protection respiratoire (à
envisager par exemple dans les locaux très souillés,
en milieu confiné…) |
Rappelons qu’il n’existe pas de vaccin contre
l’ornithose. L’information et la formation sur
les risques et les moyens de prévention doivent être
généralisées à tous les travailleurs
pouvant être exposés. Ils doivent également
connaître les premiers symptômes de la maladie.
Ainsi, en cas d’atteinte pulmonaire, ils pourront attirer
l’attention de leur médecin sur l’éventualité
d’une origine professionnelle de la maladie.
|
Information et sensibilisation du personnel
Rappelons tout d’abord que tout employeur est tenu d’informer
ses salariés sur les risques professionnels et leur prévention,
et de les former à la sécurité (Code du travail).
Quelques aspects fondamentaux sont à prendre en compte pour
l’élaboration d’une formation ou d’une sensibilisation
du personnel sur la prévention du risque de zoonoses :
| |
Elle doit être adaptée à la réalité
de l’entreprise, aux conditions de travail, aux différents
postes de travail concernés par un tel risque, et enfin
aux agents biologiques susceptibles d’être rencontrés
dans l’environnement professionnel.
Elle doit impliquer le médecin du travail, les chargés
de sécurité et/ou les représentants du
CHSCT, et, pour certaines activités, le vétérinaire
attaché à l' établissement.
Elle s’adresse à des groupes exposés à
un risque identique. La formation doit de plus permettre la
participation et l’expression des salariés, pour
une meilleure appropriation du message prévention.
Elle informe de façon utile et concrète, en langage
simple.
Elle permet ainsi au salarié d’adhérer pleinement
aux mesures de prévention. |
Une formation à la prévention du risque de zoonoses
sera d’autant plus intéressante à mettre en oeuvre
que des actions concrètes de prévention seront opérationnelles
ou sur le point d’être lancées, de façon
à accompagner le mieux possible la mise en place de ces actions.
La sensibilisation du personnel peut aussi prendre d’autres
formes : affichage des principes de préventions aux postes
de travail, campagne d’information organisée au sein
de l’entreprise, etc.
Prévention médicale
La prévention médicale est faite par le médecin
du travail et associe une action sur le terrain (études de
postes, visites de locaux, participation à l’évaluation
des risques) et un suivi des salariés au cabinet médical.
En matière de zoonoses, l’essentiel de la prévention
médicale se situe sur le terrain de l’évaluation
des risques aux postes de travail : affiner le repérage des
sources d’infection (réservoirs) et des modes de transmission,
évaluer la fréquence et la durée de l’exposition
potentielle par le dialogue avec les opérateurs et l’encadrement…
Le suivi médical des travailleurs exposés est l’occasion
de recueillir les informations en vue d’une veille sanitaire
professionnelle et/ou d’études épidémiologiques.
Rôle
du médecin du travail |
Le rôle essentiel
du médecin du travail est de prévenir toute
altération de la santé en rapport avec le travail.
Pour assurer cette mission, il dispose de deux moyens : la
visite médicale et l’étude du milieu de
travail.
Visite médicale
Lors de la visite d’embauche, le médecin du travail
informe sur les risques de zoonoses liés à l’exercice
de la profession et les moyens de prévention permettant
d’éviter une contamination. En outre, il donne
les informations utiles sur les symptômes pouvant révéler
une contamination et sur la conduite à tenir, en particulier
sur la nécessité d’informer son médecin
traitant de son exposition professionnelle potentielle.
Les visites médicales périodiques sont un moment
privilégié pour :
| |
recueillir des informations sur les conditions d’exposition
du salarié,
en fonction de l’examen clinique, prescrire si
nécessaire des examens complémentaires,
renouveler l’information du salarié sur
son exposition professionnelle (notamment à des
agents biologiques) et sur les mesures de prévention
collectives et individuelles adaptées à
son poste de travail,
rappeler les règles d’hygiène individuelle
participant à cette prévention,
faire le point sur les vaccinations. |
Etude du milieu de travail
Après repérage des dangers et évaluation
des risques, en collaboration avec les autres intervenants
en santé au travail et le vétérinaire
de l’entreprise (ou les services vétérinaires),
l’étude du milieu de travail permet au médecin
de jouer pleinement son rôle de conseiller, tant auprès
des employeurs que des salariés.
Son action sur le terrain est l’occasion d’évaluer
la pertinence du choix des moyens de protection collective
et/ou individuelle existants ou à mettre en place.
Par ailleurs, la connaissance effective des situations de
travail lui permet de s’investir au mieux dans des actions
de formation et d’information. |
|
|
Réparation
Une zoonose est dite « professionnelle » si elle est la conséquence
de l'exposition d'un travailleur à un agent biologique pouvant provoquer
cette zoonose, dans le cadre de son activité professionnelle.
Pour les salariés relevant du régime général
de la Sécurité sociale, il existe aujourd'hui 14 tableaux
de maladies professionnelles concernant des zoonoses. Pour ceux relevant
du régime agricole, il en existe également 14.
Les zoonoses font l’objet des mêmes procédures de déclaration
et de reconnaissance que les autres maladies professionnelles.
La reconnaissance du caractère professionnel d'une zoonose
résulte :
| |
soit d'une présomption de l'origine professionnelle,
lorsque le malade remplit toutes les conditions inscrites à
l'un des tableaux.
Dans ce cas, le malade ou ses ayants droit n'ont pas à prouver
l’existence d’un lien entre la survenue de la maladie
et le travail.
soit de la reconnaissance d'un lien existant entre l'activité
professionnelle du travailleur et sa maladie. Ce lien est
établi par le Comité régional de reconnaissance
des maladies professionnelles (CRRMP) dont relève sa Caisse
primaire d’assurance maladie (CPAM) ou la caisse de Mutualité
sociale agricole (MSA). |
En cas de contestation de cette origine professionnelle, il appartient
à la CPAM ou à la caisse de MSA ou à l'employeur
de prouver la non existence de ce lien.
Pour en savoir plus, consultez le guide
électronique d’accès aux maladies professionnelles.
Concernant la procédure de déclaration, consultez également
notre dossier
sur les maladies professionnelles.

| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
Collection
des fiches « Zoonoses »
Ces fiches ont été élaborées par un groupe
de travail piloté par le ministère de l’Agriculture
(Direction générale de la forêt et des affaires
rurales / DGFAR). Il associe des représentants de l’INRS,
de la Mutualité sociale agricole (MSA), de la Direction générale
de la santé (DGS), de la Direction des relations du travail
(DRT), de la Direction générale de l’alimentation
(DGAL), de la Direction de la prévention des pollutions et
des risques (DPPR) du ministère chargé de l’Environnement.
Le contenu de chaque fiche, rédigée à l’origine
par un spécialiste des zoonoses (souvent professeur dans une
école nationale vétérinaire), a été
traduit en termes simples pour être accessible au plus grand
nombre. Une trentaine de fiches est prévue au total.
Autres documents INRS
|
« Grippe
aviaire : risques en milieu professionnel et perspectives
en cas de pandémie » (dossier Web 2005)
« Risque de transmission de l'encéphalopathie
spongiforme bovine aux travailleurs de la filière viande
de boucherie » (dossier Web 2003)
« Les maladies professionnelles. Guide d’accès
aux tableaux du régime général et du régime
agricole ». ED
835. 2004, 350 p. (format pdf, 1940 ko)
Pour accéder à une version en ligne de ce guide,
cliquez ici
« Les agents biologiques ». Fiche pratique de
sécurité. ED
117. 2004, 4 p. (format pdf, 1018 ko)
« Conditions de travail et risques professionnels
dans les cliniques vétérinaires ». Etudes
et enquêtes. TF
123. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n° 94, 2e trimestre 2003, 10 p. (format pdf, 110 ko)
« L’actualité des zoonoses. XXXe Symposium
national de médecine agricole. Tours, le 25 avril 2003
». Notes de congrès. TD
131. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n° 96, 4e trimestre 2003, 15 p. (format pdf, 142 ko)
« Risques
biologiques au travail. Sommes-nous tous concernés ?
». Dossier. Travail et sécurité,
n° 625, janvier 2003, pp. 20-35 (format pdf, 2 800 ko)
« Prions d’origine animale en milieu de travail
». Point des connaissances sur. ED 5017, 2002 (format
pdf, 616 ko)
« Centres d’équarrissage : pourquoi et
comment évaluer les risques biologiques ». ED
890. 2002, 12 p. (format pdf, 592 ko)
« Le charbon : une maladie professionnelle oubliée
devenue menace terroriste ». Dossier médico-technique.
TC
84. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n°88, 4e trimestre 2001, 16 p. (format pdf, 281 ko)
« Responsables d’abattoir : pourquoi et comment
évaluer les risques biologiques ». ED
859. 2000, 12 p. (format pdf, 329 ko)
« Epidémies d’ornithose dans un abattoir
de volailles ». Etudes et enquêtes. TF
99. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n° 85, 1er trimestre 2001, 12 p. (format pdf, 93 ko)
« Risques microbiologiques et travail dans les stations
d'épuration des eaux usées ». Dossier médico-technique.
TC
34. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n° 44, 4e trimestre 1990, 16 p. (format pdf, 1379 ko)
« La maladie de Lyme ». Dossier médico-technique.
TC
26. Paru dans Documents pour le médecin du travail,
n° 33, 1er trimestre 1988, 8 p. (format pdf, 723 ko) |
Sites de référence
|
Dossier Zoonoses du ministère chargé de la
Santé (France)
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/sommaire.htm
Dossiers thématiques de l'Institut de veille sanitaire,
certains consacrés aux maladies transmissibles à
l'homme (InVS / France)
http://www.invs.sante.fr
Ressources du ministère de l’Agriculture (France)
http://www.agriculture.gouv.fr/spip/ressources_r3.html
Une partie du thème « Santé et protection
des animaux » est consacrée aux maladies animales.
Attention : toutes ne sont pas des maladies transmissibles à
l’homme.
« Zoonoses : les maladies animales transmissibles
à l'homme ». Recueil de fiches (Centre national
de la recherche scientifique / CNRS / France)
http://www.cnrs.fr/SDV/Dept/zoonosesom.html
Thèmes de santé, dont certains consacrés
aux maladies animales transmissibles à l'homme (Organisation
mondiale de la santé / OMS)
http://www.who.int/topics/fr/
Pages consacrées aux maladies animales transmissibles
à l'homme (Animal-related diseases) (Centers for Disease
Control and Prevention / CDC / Etats-Unis)
http://www.cdc.gov/healthypets/
Polycopiés 2002-2004 de maladies contagieuses des
Ecoles vétérinaires françaises (disponibles
sur le site de l'école Ecole nationale vétérinaire
d'Alfort / France)
http://www.vet-alfort.fr
(lien Polycopiés Maladies contagieuses sur page d’accueil)
|
Autres sites d’information
Consultez les documents INRS sur les
thèmes suivants : |
|
Autres
références bibliographiques |
« Zoonoses et maladies transmissibles à l’homme
et aux animaux. Volume I : Bactérioses et Mycoses. Volume II
: Chlamydioses, rickettsioses et viroses. Volume III : Zoonoses parasitaires
». 3e édition. Office international des épizooties
/ Organisation mondiale de la santé animale (OIE), 2005, 3
vol.
« Zoonoses et agents pathogènes émergents importants
pour la santé publique ». Revue scientifique et technique
(Office international des épizooties / Organisation mondiale
de la santé animale / OIE), vol. 23, n° 2, août 2004. |
|