 | | Dossier | 


Mise à jour : 28/10/2009 |
 |  | Rayonnements ionisants
Après avoir rappelé les notions de base dans le domaine des rayonnements ionisants, ce dossier fait le point sur les expositions naturelles et professionnelles : modes, sources et niveaux d'exposition, risques pour la santé. Il présente ensuite les principes de prévention permettant, dans un contexte professionnel d'utilisation de sources de rayonnements ionisants (hors industrie nucléaire), de réduire et de maîtriser ces expositions. Quelques cas concrets illustrent la démarche de radioprotection. |
Généralités
sur les rayonnements ionisants
Nous vous présentons dans ce chapitre quelques notions couramment
utilisées dans le domaine des rayonnements ionisants. Elles vous
aideront à mieux comprendre la partie du dossier concernant la radioprotection.
| |
Un
peu de physique…
La radioactivité est un phénomène naturel
lié à la structure de la matière. Tous
les corps (gaz, liquides, solides) sont composés d’atomes.
Certains de ces atomes sont instables et émettent des rayonnements.
Il peut s’agir de :
| |
substances radioactives naturelles (uranium, radium, radon…),
substances radioactives artificielles (californium, américium,
plutonium…). |
Ces atomes instables (radio-éléments) se transforment
spontanément en perdant de l’énergie, et reviennent
ainsi progressivement à un état stable. Ils émettent
alors des particules, dont le flux constitue un rayonnement porteur
d’énergie, spécifique du radio-élément
qui l’émet. Ces rayonnements sont dits ionisants car,
par leur interaction avec la matière, ils peuvent l’ioniser
c’est à dire lui enlever un ou plusieurs électrons.
Le pouvoir d’ionisation d’un rayonnement dépend
de sa nature (alpha, bêta, gamma, X, neutronique) et des énergies
de chacune des émissions. On peut observer une ionisation de
la matière à partir d’un seuil d’énergie
particulaire de 10 électronvolts.
Généralement, un radioélément
émet plusieurs types de rayonnement à la fois (alpha, bêta, gamma, X, neutronique).
Les
différents types de rayonnements ionisants et
leurs caractéristiques |
Type
de rayonnement |
Exemples
d’émetteurs * |
Nature |
Spécificité |
Pouvoir
pénétrant ** |
Alpha α |
Américium 241
Plomb 210
Radon 222
Thorium 232
Uranium 235
Uranium 238 |
Particules constituées
de 2 protons et 2 neutrons (charge électrique
positive) |
Directement ionisant |
Faible pénétration
- parcourt quelques centimètres dans l’air
- arrêté par la couche cornée de
la peau ou une feuille de papier |
Beta ß |
Césium 137
Iridium 192
Phosphore 32
Soufre 35
Tritium (ou Hydrogène 3) |
Electrons porteurs d’une
charge électrique positive (positons ß+)
ou négative (ß-) |
Directement ionisant |
Pénétration
limitée
- parcourt quelques mètres dans l’air
- arrêté par une feuille d’aluminium
ou par des matériaux de faible poids atomique
(plexiglas, etc.)
- ne pénètre pas en profondeur dans l’organisme
(pour une source située dans son environnement
extérieur) |
Gamma γ |
Césium 137
Iridium 192
Or 198
Technétium 99 |
Photons énergétiques |
Indirectement ionisant |
Pénétration
importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans
l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté ou atténué par des
écrans protecteurs (épaisseurs de béton,
d’acier ou de plomb) |
X |
Générateur
électrique de rayons X |
Photons énergétiques |
Indirectement ionisant |
Pénétration
importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans
l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté ou atténué par des
écrans protecteurs (épaisseurs de béton,
d’acier ou de plomb) |
neutronique |
Couple Américium-
Béryllium
Lors de la fission de l’Uranium 235
Accélérateurs de particules |
Neutrons |
Indirectement ionisant |
Pénétration
importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans
l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté par des écrans de paraffine |
* Radioéléments ou sources
couramment utilisés actuellement en milieu industriel
et médical.
** Ne sont indiquées ici que des notions générales.
En pratique, ce pouvoir de pénétration dépend
de l’énergie de chacun des rayonnements. |
Expressions à connaître :
|
Un rayonnement est dit « directement ionisant
» lorsqu’il est constitué de particules électriquement
chargées, d’énergie suffisante
pour produire des ions (atomes porteurs de charges électriques)
par interaction avec la matière.
Un rayonnement est dit « indirectement ionisant
» lorsqu’il est constitué de particules non
chargées électriquement, dont l’énergie
est suffisante pour produire, selon plusieurs types d’interactions,
une ionisation de la matière.
On parle de « rayonnement primaire », lorsqu’il
s’agit d’un rayonnement émis spontanément
par une source radioactive.
L’expression « rayonnement secondaire »
est utilisée lorsqu’il s’agit de rayonnements
résultant des interactions de rayonnements primaires
avec la matière. Par exemple : |
|
rayonnement X secondaire, diffusé ou réfléchi
par les obstacles (murs, sols ou plafonds) ;
rayonnement secondaire lors de l’interaction de neutrons
avec la matière (provoquant l’émission secondaire
de rayonnements α, ß, γ, X ou de neutrons). |
Rappelons que l’activité d’une substance radioactive
(émission de rayonnements) diminue avec le temps. Ce phénomène
est spécifique à chaque radio-élément.
On appelle période radioactive le laps de temps au bout duquel
le nombre de noyaux instables dans un échantillon radioactif
aura décru de moitié. Cette période est de l’ordre
de 8 jours pour l’iode 131, de 30 ans pour le césium
137, de 5737 ans pour le carbone 14 et de plus de 4 milliards d’année
pour l’uranium 238. Il faut donc du temps (souvent très
longtemps) pour que l’activité d’un radioélément
cesse (retour définitif à un état stable).
Quelques
grandeurs et unités à connaître
Ne sont présentées ici que les grandeurs et unités
internationales utilisées aujourd’hui : becquerel, gray
et sievert (Bq, Gy, Sv).
Les anciennes grandeurs ou unités (curie, rad ou rem) ne sont
pas explicitées dans ce dossier.
Principales
grandeurs et unités internationales utilisées
dans le domaine des rayonnements ionisants |
Notion /
grandeur mesurée |
Unité |
Définition /
caractéristique |
Energie de rayonnement (E) |
électronvolt
(eV) |
1 électronvolt
= 1,6. 10-19 Joule |
Activité d’un
corps radioactif (A) |
becquerel (Bq) |
Nombre de transitions
par seconde. Réduite de moitié au bout d’une
période, du quart au bout de 2 périodes, etc.
Une transition est une modification de l’état
énergétique d’un noyau instable, soit
par désintégration, soit par émission
ou absorption d’un rayonnement. |
Dose absorbée par un
organisme vivant (D) |
gray (Gy) |
Energie absorbée
par unité de masse.
Dose (Gy) = Energie (Joule) / Masse (kg) |
Dose équivalente (Ht) |
sievert (Sv) |
Dose équivalente = Dose
absorbée x facteur de pondération radiologique.
Ce facteur de pondération radiologique (Wr), vaut 1
pour les rayons X, gamma et bêta, vaut 20 pour les rayons
alpha, et est variable pour les neutrons (en fonction de leur
énergie). En effet, à dose absorbée égale,
les effets biologiques dépendent de la nature des rayonnements
(α, ß, γ, X ou neutrons). La dose équivalente
est dite « engagée » quand elle résulte
de l’incorporation dans l’organisme de radioéléments
jusqu’à l’élimination complète
de ceux-ci, soit par élimination biologique, soir par
décroissance physique. |
Dose efficace (E) |
sievert (Sv) |
Somme des doses équivalentes
pondérées délivrées aux différents
tissus et organes du corps. La pondération correspond
à l’application d’un facteur de pondération
tissulaire (Wt) à la dose équivalente pour chaque
organe.
Cette notion correspond à l’évaluation
d’une dose corps entier. |
Modes
d’exposition
L’exposition aux rayonnements ionisants peut se faire selon
trois modes :
| |
externe sans contact cutané ;
externe par contact cutané ;
interne. |
Pour une exposition externe, la source du rayonnement est extérieure
à l’organisme. La source radioactive est située
à distance de l’organisme (exposition globale ou localisée).
L’irradiation est dans ce cas en rapport avec le pouvoir de
pénétration dans le corps des divers rayonnements émis
par la source. De ce fait, sont surtout à prendre en compte
les rayonnements gamma, X et neutroniques. Les rayonnements ß
n’entraînent pas d’irradiation en profondeur du
corps humain. Les rayonnements α ne peuvent en aucun cas entraîner
d’exposition externe.
Pour une exposition externe par contact cutané, il y a irradiation
par dépôt sur la peau de corps radioactifs. Par rapport
au cas précédent, le contact cutané avec un radioélément
peut induire une exposition interne par pénétration
du radioélément à travers la peau (altération
cutanée, plaie, ou plus rarement à travers une peau
saine).
Pour une exposition interne, les substances radioactives ont pénétré
dans l’organisme soit par inhalation (gaz, aérosols),
par ingestion, par voie oculaire ou par voie percutanée (altération
cutanée, plaie, ou plus rarement à travers une peau
saine). Après pénétration dans l’organisme,
l’exposition interne de l’organisme se poursuivra tant
que la substance radioactive n’aura pas été éliminée
naturellement par l’organisme et que celle ci continuera d’émettre
des particules ionisantes.
Le mode d’exposition a énormément d’importance
sur la nature et l’importance des effets recensés. Une
exposition interne aux rayonnements ß sera ainsi plus nocive
qu’une exposition externe à ces rayonnements.
Signalons que la majorité des expositions d’origine professionnelle
sont des expositions externes. L’exposition reçue par
l’organisme dépend alors de :
|
la nature du rayonnement (activité et nature du radio-élément)
;
la distance à la source : plus l’organisme est
éloigné de la source d’exposition, moins
la dose absorbée sera forte (varie en fonction inverse
du carré de la distance) ;
la durée de l’exposition ;
l’épaisseur et la composition des écrans
éventuels. |
Sources
et niveaux d’exposition
Il y a trois sources principales d’exposition :
|
naturelle ;
industrielle ou médicale ;
environnementale du fait des activités humaines impliquant
la radioactivité. |
Nous donnons ci-après quelques ordres de grandeurs de niveaux
d’exposition couramment rencontrés, dans la vie de tous
les jours ou en milieu professionnel.
Quelques
niveaux d’exposition rencontrés dans la vie de
tous les jours |
Niveau d’exposition |
Nature de l’exposition |
Doses efficaces
(en milliSievert) |
0,02 mSv |
Radio pulmonaire de face (exposition
du patient) |
| 0,04 mSv |
Trajet Paris-New-York en avion |
| 1 mSv |
Irradiation médicale moyenne
de la population générale en France (dose estimée
par an et par personne) |
| 2 mSv |
Irradiation cosmique du personnel
navigant de l’aviation (dose estimée par an et
par personne) |
| 2,4 mSv |
Irradiation naturelle moyenne de
la population générale en France (dose estimée
par an et par personne) |
D’après les données
de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN, 2002) et, pour le personnel navigant, d’après
l’United Nations Scientific Committee on the Effect of Atomic
Radiation (UNSCEAR, 2000)
Pour des données d'exposition professionnelle, consulter le site de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN).
Ces ordres de grandeurs, donnés pour situer les principaux
niveaux d’exposition rencontrés, doivent être mis
en perspective avec les limites d’exposition fixées par
la réglementation française.
Limites
d’exposition aux rayonnements ionisants, en dose efficace |
Domaine
d’application |
Limite d'exposition corps entier |
Public |
1 mSv/an * |
Professionnel (travailleurs
exposés) |
Sur 12 mois consécutifs,
20 mSv/an |
* La limite réglementaire pour le
public doit être comprise comme venant en plus des expositions
d’origine naturelle (non liées aux activités humaines
impliquant la radioactivité).
| |
Exposition
naturelle
L’irradiation naturelle externe trouve son origine dans
le rayonnement cosmique (résultant du choc de particules
de haute énergie provenant du soleil et des étoiles
avec les atomes de l’atmosphère) et le rayonnement
tellurique (lié aux radio-éléments présents
dans la croûte terrestre).
L’exposition au rayonnement cosmique varie avec l’altitude
(double tous les 1 500 mètres). Elle est en moyenne égale
à 0,35 milliSieverts (mSv) par an.
L’exposition au rayonnement tellurique est surtout liée
à la présence d’uranium et de thorium dans
le sol. En France, elle varie de 0,2 à 0,8 mSv par an
(avec une moyenne de 0,4 mSv). Elle est surtout élevée
dans les régions granitiques de Bretagne et du Massif
central. Dans d’autres régions du monde où
le sol est riche en thorium, elle peut dépasser 15 mSv
par an.
L’exposition interne d’origine naturelle est due
aux radio-éléments présents dans le sol
et qui se retrouvent en petite quantité dans les aliments
et l’eau potable (exposition interne par ingestion) et
au radon présent dans l’air inspiré (exposition
interne par inhalation).
L’irradiation naturelle totale est variable selon la localisation
géographique. En France, elle est estimée à
2,4 mSv par an et par habitant.
Radon dans l’atmosphère des locaux
de travail |
Dans les établissements considérés
comme exposés au radon en raison de la situation
de leurs lieux de travail, l’employeur doit mesurer
l’activité « radon ». Si l’activité volumique moyenne annuelle de radon dépasse 400 Becquerels/m3 (Bq/m3),
il doit mettre en œuvre les actions nécessaires
pour réduire l’exposition au radon.
Dans les cas les plus simples, le fait de ventiler
naturellement et régulièrement les locaux
suffit le plus souvent à prévenir les risques
d’exposition importante au radon.
Dans les cas les plus complexes, des solutions complètes
devront être étudiées et mises en
oeuvre : revêtements spécifiques pour réaliser l’étanchéité du sol, ventilation double flux. Il peut être parfois nécessaire de limiter le temps de présence au poste de travail concerné.
Si l’activité volumique moyenne annuelle de radon dépasse 1000 Becquerels/m3 (Bq/m3), l’employeur est soumis aux dispositions du Code du travail concernant la prévention aux rayonnements ionisants. |
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| |
Exposition
professionnelle
Le secteur médical a été historiquement
le premier à utiliser couramment des sources radioactives
(radiothérapie, radiodiagnostic). Et aujourd’hui,
de nombreuses techniques utilisant ce type de sources ont des
applications industrielles et sont très répandues
: radiographie, analyse et contrôle, jauges et traceurs,
désinfection ou stérilisation par irradiation,
conservation des aliments, chimie sous rayonnement, détection
de masses métalliques dans les aéroports, etc.
L’industrie nucléaire, grosse utilisatrice de sources
radioactives (extraction, fabrication, utilisation et retraitement
du combustible, stockage et traitement des déchets) n’est
pas traitée dans ce dossier.
Hors industrie nucléaire, plusieurs types de sources
radioactives sont utilisés : les sources scellées,
les sources non scellées, les appareils électriques
générateurs de rayonnements ionisants.
Sources
radioactives : caractéristiques et utilisation |
Type
de source |
Caractéristique |
Principales utilisations |
Principaux risques
d’exposition |
Sources scellées |
Constituées
de substances radioactives scellées dans une
enveloppe inactive qui empêchent leur dispersion
dans les conditions normales d’utilisation. |
- Jauges
d’épaisseurs (ß, γ)
- Détecteurs de fumée (α)
- Radiologie industrielle (γ)
- Jauges de densité ou de niveau (γ)
- Humidimètres (neutrons)
- Utilisations thérapeutiques médicales |
- Appareils
défectueux
- Mauvaise utilisation (règles de radioprotection
non observées)
- Perte ou vol de la source |
Sources non scellées |
Constituées
de substances radioactives (solides, liquides ou gazeuses)
contenues dans des enveloppes non étanches et
présentant un risque de dissémination
dans des conditions normales d’utilisation. |
- Traceurs industriels-
Médecine nucléaire diagnostique (γ)
- Médecine nucléaire thérapeutique |
Dissémination
possible des produits (dispersion, mise en suspension
dans l’air, contaminations diverses) |
Appareils électriques
générateurs |
Produisent un rayonnement
par des procédés physiques (tels les tubes
radiogènes ou les accélérateurs
de particules) |
- Radiologie industrielle
et médicale (X)
- Analyses de laboratoires (X)
- Radiothérapie (X, électrons) |
Risques analogues
à ceux des sources scellées, à
ceci près qu’il y a risque d’exposition
seulement si l’appareil est en fonctionnement |
Rappelons que l’exposition professionnelle aux rayonnements
ionisants peut se produire dans les cas suivants :
|
localisation des lieux de travail (altitude pour le rayonnement
cosmique, teneur dans le sol en radio-éléments
pour le rayonnement tellurique) ;
utilisation professionnelle de matières contenant
naturellement des radioéléments (et utilisées
pour d’autres propriétés que leur
radioactivité) ;
utilisation de sources de rayonnements ionisants (dans
les conditions normales) ;
travail en présence ou à proximité
de sources de rayonnements ionisants ;
accident ou incident, dont les principales causes sont
des défaillances du matériel (fuites radioactives)
ou un manque de formation des personnels utilisateur du
matériel.
Selon les circonstances, cette exposition peut être
externe ou interne (ingestion, inhalation ou pénétration
par contact de substances radioactives). |
Les trois derniers cas (utilisation de sources de rayonnements
ionisants, travail en présence ou à proximité
de sources, incident ou accident), concernent aujourd’hui
plus de 170 000 travailleurs (hors industrie nucléaire,
c’est à dire industrie non nucléaire, médical
et recherche).
Signalons que les affections provoquées par les expositions
professionnelles aux rayonnements ionisants sont couvertes par
les tableaux
des maladies professionnelles n° 6 (régime général
de la Sécurité sociale) et n° 20 (régime
agricole). |
Effets
biologiques d’une exposition
| Le transfert d’énergie
des rayonnements ionisants à la matière vivante
est responsable des effets biologiques de ces rayonnements.
Cette ionisation affecte les cellules des tissus ou des organes
exposés, de sorte que les processus biologiques des cellules
sont perturbés. Cela peut conduire à : |
|
l’ionisation des molécules (radiolyse), modifiant
leurs propriétés chimiques. Les constituants chimiques
de la cellule vivante ne peuvent plus alors jouer leur rôle.
l’altération de l’ADN, qui a un rôle
de « chef d’orchestre » dans la vie cellulaire. |
Ces lésions de l’ADN sont de plusieurs types, essentiellement
des ruptures simple brin et double brins.

Altérations possibles de l’ADN
consécutives à une exposition à des rayonnements
ionisants |
Un système de réparation enzymatique dans la cellule
permet de réparer rapidement les lésions de premier
type (ruptures simples brins). Dans les autres cas, la réparation
peut être incomplète.
Ces lésions d’ADN, mal réparées, peuvent,
dans certains cas, empêcher la reproduction cellulaire ou entraîner
la mort de la cellule. Cette mortalité cellulaire est liée
à l’importance de l’irradiation : le nombre de
cellules tuées est directement proportionnel à la dose
reçue par la matière vivante.
L’importance et la nature des lésions cellulaires, pour
une même dose d’exposition, dépend des facteurs
suivants :
|
mode d’exposition (externe ou interne) ;
nature des rayonnements ;
débit de la dose reçue (une même dose reçue
en peu de temps est bien plus nocive que si elle est étalée
dans le temps) ;
certains facteurs chimiques ou physiques influant sur la sensibilité
cellulaire (température, présence de certaines
substances chimiques tels l’oxygène) ;
type des cellules exposées : les cellules qui ont un
potentiel de multiplication important (dites « indifférenciées
», telles les cellules de la moelle osseuse) sont d’autant
plus « radiosensibles ». |
Conséquences
d’une exposition sur la santé
| Les effets sur l’organisme des rayonnements
sont de deux types : |
|
les effets à court terme, dits déterministes,
liés directement aux lésions cellulaires et pour
lesquels un seuil d’apparition a été défini
;
les effets à long terme et aléatoires (ou stochastiques)
: cancers et anomalies génétiques. |
Ils se manifestent de quelques heures à plusieurs mois / années
après l’irradiation.
Les effets
déterministes, pour une exposition à des rayonnements
gamma ou X, apparaissent à partir d’une dose d’irradiation
de 0,15 Grays (Gy). En revanche, il n’a pas été
possible de mettre en évidence l’existence d’un
seuil pour les effets aléatoires. Ces derniers sont
donc considérés comme sans seuil.
| |
Effets déterministes
A partir d’un certain seuil d’irradiation, apparaissent
des effets pathologiques directement liés aux lésions
cellulaires. On distingue les effets liés à une
irradiation partielle ou globale.
Les tissus les plus sensibles en cas d’irradiation sont
les tissus reproducteurs, les tissus impliqués dans la
formation des cellules sanguines (rate, moelle osseuse…),
le cristallin de l’œil, la peau. Une irradiation
locale cutanée peut entraîner par exemple, selon
les doses, un érythème, une ulcération
ou une nécrose.
En cas d’irradiation globale du corps humain, le pronostic
vital est lié à l’importance de l’atteinte
des tissus les plus radiosensibles (moelle osseuse, tube digestif). Pour des rayonnements gamma ou X, à partir de
4,5 Grays (Gy), la moitié des accidents par irradiation,
en l’absence de traitement, sont mortels.
Effets
déterministes décrits pour des expositions
à des rayonnements gamma ou X |
Effets
déterministes recensés |
Dose d’irradiation |
| Stérilité masculine temporaire |
à partir de 0,15 Gy |
| Diminution temporaire des leucocytes (famille
de globules blancs) |
de 0,2 à 1 Gy |
Nausée, asthénie
Modification de la formule sanguine
Effet immunodépresseur (risques d’infections)
Sous surveillance médicale, le retour à
la normale
se produit rapidement. |
de 1 à 2 Gy |
| Risque de stérilité féminine |
à partir de 2,5 Gy |
| Stérilité masculine définitive |
de 3,5 à 6 Gy |
Aplasie (arrêt ou insuffisance du
développement d’un tissu ou d’un organe).
En l’absence de traitement, au moins la moitié
des personnes irradiées meurent et il existe des
risques de séquelles. |
à partir de 4,5 Gy |
| Atteinte oculaire (survenue possible de
cataracte de 1 à 10 ans après l’irradiation) |
à partir de 5 Gy |
| Atteinte gastro-intestinale |
6 Gy |
| Atteinte pulmonaire |
8 Gy |
Coma, mort cérébrale
Mort inévitable |
au delà de 10 Gy |
|
| |
Effets aléatoires (ou stochastiques)
Ces effets peuvent survenir de façon aléatoire
au sein d’une population ayant subi une exposition identique
et sans qu’un seuil n’ait pu être vraiment
défini. Ce sont les cancers et les anomalies génétiques
(mutations).
Les causes de variation de la mortalité spontanée
par cancer ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence.
Les études épidémiologiques portant sur
des enfants traités par radiothérapie ont mis
en évidence une augmentation de risque de cancer thyroïdien
à partir d’une dose équivalente de 100 milliSieverts
(mSv) (la thyroïde de l’enfant est très radiosensible).
Après l’accident de Tchernobyl en 1984, la surveillance
de la population des territoires les plus contaminés
a mis en évidence une augmentation importante des cancers
thyroïdiens chez les personnes qui avaient moins de 18
ans lors de l’accident.
La surveillance des populations d’Hiroshima confirme une
augmentation de risques de cancer à partir d’une
dose d’exposition estimée à 200 mSv.
Par prudence, on considère que toute dose,
aussi faible soit-elle, peut entraîner un risque accru
de cancer. C’est l’hypothèse «
d’absence de seuil ».
Le délai de survenue de la maladie est long : de 5 à
10 ans pour les leucémies, jusqu’à 50 ans
pour les autres cancers.
En ce qui concerne les mutations génétiques après
irradiation, elles n’ont été mises en évidence
qu’expérimentalement, sur la mouche et la souris.
Les études épidémiologiques n’ont
pas permis de mettre en évidence de manière certaine
une augmentation des effets génétiques dans la
descendance des populations humaines irradiées. |
|
|
|
Démarche
de prévention et grands principes de radioprotection
|
Démarche
globale de prévention
Quatre grands principes régissent toute démarche de
prévention : tout d’abord l’évaluation
du risque, dans la mesure du possible l’élimination
du risque, sinon la mise en place de protections collectives et
en dernier ressort, la protection individuelle. La prévention
doit être intégrée le plus en amont possible,
en passant par des mesures d’organisation du travail, d’information
et de formation.
Quelques grands principes
d’une démarche de prévention
d’après le
Code du travail (articles L. 4121-1 à L. 4121-5)
Evaluation
des risques
Il est fondamental d’identifier dans un premier temps les risques
inhérents à toute activité, ainsi que les événements
ou les facteurs de risque qui peuvent conduire à la survenue
de ces risques.
En matière de radioprotection, les risques sont :
|
un risque d’exposition externe à des rayonnements
ionisants ;
un risque de contamination externe ou interne par des substances
radioactives ;
tous les autres risques associés, et en particulier :
risque chimique (réactivité, corrosion, incendie,
explosion), risques liés au poste de travail, risques
liés à l’organisation du travail. |
Tous ces risques doivent être évalués et quantifiés
dans la mesure du possible : cela passe par l’identification
et la caractérisation des sources et des rayonnements, ainsi
que par la caractérisation des situations de travail, c’est-à-dire
des expositions.
Rappelons que la loi du 31 décembre 1991 modifiée fait obligation à
tout employeur de réaliser une évaluation des risques.
Le décret du 5 novembre 2001 précise que la transcription
des résultats de cette évaluation doit se faire dans
un document unique. Il oblige l’employeur à tenir ces
résultats à disposition du CHSCT (ou à défaut
des délégués du personnel), de l’inspecteur
du travail, du médecin du travail et des agents des services
de prévention des organismes de la Sécurité sociale.
Pour plus d'informations sur l'évaluation des risques professionnels,
consultez notre dossier.
En radioprotection, comme dans d’autres domaines, il est primordial
de faire une intégration
de la sécurité le plus en amont possible, prenant
en compte tous les aspects (organisationnels, opérationnels,
chimiques, ionisants…).
Pour des situations existantes, sur lesquelles il existe des risques
d’exposition externe ou de contamination, il est indispensable
de passer également par cette phase d’évaluation
et de quantification du risque, et de vérifier que les mesures
de radioprotection sont bien appliquées. Dans un premier temps,
après avoir localisé et inventorié toutes les
sources utilisées, il est notamment primordial de vérifier
que :
|
le repérage et la signalisation du risque sont bien effectués
;
les doses d’exposition ne dépassent pas les valeurs
réglementaires établies. |
| |
Vérification
du repérage et de la signalisation du risque ambiant
Le danger radioactif est lié à la présence
de sources radioactives (générateurs ou substances).
Le risque « rayonnements » étant invisible
et impalpable, le repérage rigoureux des zones à
risque d’exposition et des sources revêt une importance
particulière.
Rappelons que des murs ordinaires ou des cloisons ne sont pas
un obstacle à la propagation de certains rayonnements
ionisants. De plus, ceux-ci peuvent être réfléchis
et diffusés par les murs, sols ou plafonds.
La délimitation de zones, définies en fonction de l’exposition potentielle aux rayonnements ionisants, permet de hiérarchiser les niveaux de dangerosité des lieux de travazil sur lesquels sont utilisées des sources de rayonnements ionisants. Un arrêté (arrêté du 15 mai 2006) précise les conditions de délimitation de ces zones compte tenu de niveaux de référence correspondant à des doses délivrées en 1 heure, ainsi que les règles d’hygiène, de sécurité et d’entretien qui y sont imposées, ainsi que les règles d’accès et d’affichage.
Exemple d’organisation des
zones de travail en radioprotection
(modalités de délimitation devant être
définies dans un arrêté à
paraître)
|
La réglementation française précise un
certain nombre de règles concernant ces zones de travail.
Signalons notamment les points suivants :
|
La délimitation de zones de travail autour de toute
source de rayonnement ionisants est obligatoire. Cette
délimitation peut être modifiée en
cas de besoin, en fonction de résultats de contrôle,
à la suite d’une modification de l’installation,
ou après un incident ou un accident.
Les conditions d’accès en zones réglementées
sont nombreuses (formation, suivi dosimétrique…).
Signalons notamment que l’accès à
la zone contrôlée est réservé
aux personnes qui ont reçu du chef d’établissement
la notice rappelant les risques particuliers liés
au poste occupé ou à l’intervention
à effectuer, les règles de sécurité
applicables et les instructions à suivre en cas
de situation anormale.
Les limites de la zone contrôlée ou de la
zone surveillée doivent être correctement
matérialisées et signalisées.
A l’intérieur des zones surveillées
comme des zones contrôlées, les sources utilisées
doivent être signalées. L’affichage
doit être remis à jour périodiquement
: il rappelle notamment les risques d’exposition
externe, et éventuellement interne, les consignes
de travail adaptées à la nature de l’exposition
et aux opérations envisagées.
A l’intérieur de la zone contrôlée,
il peut y avoir des zones spécialement réglementées,
soumises à d’autres règles d’accès,
et des interdictions d’accès (par risque
d’exposition croissant, zone jaune, zone orange
et zone rouge).
L’étiquetage des substances radioactives
pendant leur transport est obligatoire. |
En matière de signalisation de santé et de sécurité,
la réglementation définit des règles a
minima (forme, couleur, dimension ou emplacement). C’est
au chef d’établissement d’adapter ces règles
à la réalité des situations de travail
et des risques à signaler dans son entreprise. Quelques
exemples couramment utilisés dans le domaine de la radioprotection
sont donnés dans le tableau ci-après.
Signalisation
du risque radioactif : pictogramme, panneaux et autres
éléments |
Pictogramme d’avertissement |

Matières radioactives / Radiations ionisantes |
Panneaux de signalisation
de zone
Ne sont donnés ici à titre d’exemple
que 6 panneaux. En fonction de la nature du risque à
signaler, les messages accompagnant le pictogramme,
ainsi que les couleurs, peuvent être intervertis.*
|
|
| Bandes de balisage |
|
Affichage réglementaire
d’information
Protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements
ionisants |
Cet affichage, remis à jour régulièrement,
doit comporter notamment les consignes de travail et de
sécurité adaptées à la nature
de l’exposition et aux opérations envisagées.
Des exemples existent et sont commercialisés par
des entreprises de signalétique. |
* « La signalisation des zones spécialement
réglementées ou interdites est établie
à partir du schéma de base normalisé (trisecteur
conforme à la norme NF M 60-101) de couleur identique
à celle de la zone considérée. Les panneaux
de signalisation sur lesquels figurent ce schéma de base
peuvent comporter, si nécessaire, des signes ou inscriptions
supplémentaires ». (arrêté
du 15 mai 2006)
La norme française M 60-101 ne définit que la
forme et les proportions du trisecteur utilisé en radioprotection.
Les couleurs de signalisation sont définies par la norme
NF X 08-003.
|
| |
Quantification
du risque pour l’individu
En matière de rayonnements ionisants, la notion
la plus importante pour évaluer le risque est la quantité
de rayonnement reçue. Rappelons que les grandeurs
utilisées à cette fin sont la « dose
équivalente » et la « dose efficace ».
Les résultats de cette quantification doivent toujours
être mis en perspective des limites réglementaires
existantes.
La mesure des doses reçues par les personnes exposées
s’effectue par différentes techniques
de dosimétrie. |
Intégrer la
sécurité en amont
Pour toute situation de travail, et tout environnement de travail,
peuvent être identifiés des risques multiples : mécaniques,
chimiques, physiques, radiologiques…
Le rôle du préventeur est de prévenir ou de limiter
les risques d’accidents du travail et de maladies professionnelles
(le « zéro risque » n’existant pas) : le
préventeur va agir le plus en amont possible, au niveau technique,
opérationnel ou organisationnel, pour empêcher la survenue
d’évènements dangereux susceptibles d’entraîner
ces risques.
Dans le cas particulier de la radioprotection, le préventeur
peut agir selon les cas sur plusieurs points :
|
mise en place de processus industriels et de méthodes
de travail sûrs ;
confinement des matières radioactives (éviter toute dispersion dans les locaux de travail et
dans l’environnement) dans toutes les phases où
c’est possible (transport, manipulation, utilisation)
;
assainissement et traitement de l’atmosphère des locaux de travail ;
limitation de l’exposition aux rayonnements ionisants provenant de sources radioactives (matières, émission
commandée) : utilisation de collimateurs ou d’écrans,
travail à distance, interventions de durée limitée,
empêcher tout exposition directe, délimitation
de zones, organisation du travail de façon à réduire
les doses le plus possible. |
Tous ces éléments doivent être
pris en considération dès la conception des processus
industriels ou des postes de travail. Ils doivent conduire à
une limitation maximale du risque résiduel (accident
du travail, maladie professionnelle).
Autres aspects fondamentaux
de la radioprotection
La gestion du risque en radioprotection est fondée sur la reconnaissance
de l’hypothèse « d’absence d’effets
de seuil », c’est à dire que toute exposition,
aussi faible soit-elle, peut entraîner des risques pour la santé
(survenue de cancer notamment).
Des compromis doivent être trouvés entre le risque d’exposition
et sa justification, aussi bien en terme techniques (pour quelle activité
? qui ? à quelle exposition ?…) que socio-économiques.
Il a été fixé réglementairement des valeurs
limites d’exposition aux rayonnements ionisants. En cas d’exposition,
le respect de ces valeurs exclut l’apparition d’effets
déterministes et réduit l’apparition des effets
aléatoires tels que le cancer.
La radioprotection est basée sur trois idées maîtresses
:
|
la justification : l’utilisation de rayonnements ionisants
doit apporter un bénéfice par rapport au risque
radiologique ;
l’optimisation : maintenir les expositions ou les probabilités
d’exposition aussi basses que raisonnablement possible,
compte tenu des impératifs techniques et économiques
(principe ALARA « as low as reasonably achievable »)
;
la limitation des doses individuelles, respectant les valeurs
limites réglementaires, basée sur deux principes
:
|
exclure les effets déterministes, en maintenant
les doses inférieures aux seuils connus (protection
absolue) ;
réduire les effets stochastiques pour lesquels
il n’existe pas de seuil. A cette fin, les connaissances
relatives aux fortes expositions ont été
extrapolées pour les faibles expositions. |
|
Une surveillance médicale des personnes exposées doit
être également mise en œuvre. Et les personnes susceptibles
d’être exposées doivent être informées
et formées.
Une réglementation très stricte a été
établie pour la protection des personnes contre les dangers
des rayonnements ionisants : protection des travailleurs (y compris
les travailleurs non salariés), protection du public et de
l’environnement, protection des patients, protection des personnels
des unités d’intervention d’urgence.
En résumé, la radioprotection est mise en œuvre
par des mesures qui peuvent être administratives, organisationnelles,
et/ou techniques en matière d’organisation du travail
et des conditions de travail.
Principes
généraux de prévention en radioprotection |
Rendre impossible l’exposition par contact, inhalation
ou ingestion de matières radioactives par le confinement
des matières (boîte à gants, enceinte confinée),
l’assainissement de l’atmosphère des locaux
de travail ou le port de protection individuelle
Limiter ou rendre impossible l’exposition aux rayonnements
émis par des matières radioactives ou des appareils
générateurs électriques, en maîtrisant
la durée de l’exposition, en travaillant le plus
possible à distance et en utilisant des moyens de protection
(écrans, équipements de protection individuelle
adaptés) |
Contrôle
des expositions, en pratique
| |
Contrôles
d’ambiance et de contamination radioactive des locaux
Le contrôle de la radioactivité ambiante
d’effectue :
|
par une surveillance des rayonnements (bêta, X,
gamma, neutrons) ;
par une surveillance de la contamination, par un ou plusieurs
radioéléments, des lieux de travail (de
l’air ou des surfaces telles que sols, murs, plans
de travail). |
Pour chaque surveillance, des appareils adaptés aux mesures
à effectuer doivent être utilisés.
| |
Surveillance des rayonnements
Pour effectuer cette surveillance, il existe :
|
des appareils capables de mesurer l’ensemble
des rayonnements (radiamètres) ;
des appareils spécifiques à
un type de rayonnements, pour certains cas
particuliers ;
des balises d’alarme, visuelles ou sonores. |
|
Radiamètre, appareil
de
contrôle d’ambiance |
Surveillance des contaminations
Une instrumentation très variée est
disponible sur le marché pour effectuer une
surveillance de la contamination atmosphérique.
Elle permet :
|
soit la mesure en continu de la contamination
;
soit la mesure par échantillonnage
(suivi d’une analyse de l’échantillon)
;
soit la simple détection d’une
contamination. |
Pour les contaminations de surfaces, il existe des
détecteurs adaptés à chaque
type de contamination. Ceux-ci doivent être
mis à la disposition du personnel, notamment
lorsqu’il utilise des sources non scellées.
Quand une contamination des lieux de travail a été
mise en évidence, il existe une forte présomption
de contamination du personnel. Il est alors indispensable
de contrôler et de traiter cette contamination. |
Contaminamètre, appareil
permettant de détecter une contamination
de surface
(alpha, bêta, gamma) |
|
|
| |
Contrôle
des personnes
| |
Contrôle de contamination
A la fin d’un travail, en sortie d’une
zone exposant à une contamination, une recherche
de la contamination du personnel doit être
effectuée systématiquement à
l’aide de détecteurs (corps entier,
main, pieds). Ces appareils mesurent le(s) rayonnement(s)
émis par les substances radioactives déposées
sur les vêtements ou le corps.
Si une contamination est mise en évidence,
il est également indispensable de vérifier
s’il y a eu ou non exposition
interne. Et dans tous les cas, des mesures de
décontamination doivent être mises
en œuvre. |
Contrôleur de contamination
Main / Pied |
|
| |
Dosimétrie
La dosimétrie consiste à mesurer les doses
reçues par les personnes exposées, c’est
à dire attribuer une valeur aux grandeurs telles
que « dose équivalente » ou «
dose efficace ».
Elle permet de vérifier que les expositions restent,
pour chaque travailleur exposé, de l'ordre de grandeur
des doses prévisionnelles pour le poste de travail.
Si ce n'était pas le cas, il faudrait identifier
les expositions non maîtrisées et prendre
les mesures nécessaires pour les éviter.
| |
Exposition
externe
La mesure de l’exposition externe se fait
à l’aide de dosimètres portés
par les travailleurs. Plusieurs types sont disponibles. Dans tous les cas, le choix des dosimètres doit être adapté à la nature et à l’énergie des rayonnements présents sur le lieu de travail.
Dosimètres passifs
Ces dosimètres sont portés au niveau de la poitrine, puis développés en laboratoire spécialisés. Divers types de dosimètres passifs sont disponibles et peuvent être utilisés :
Dosimètres radio-photo-luminescents (RPL), le rayonnement ionisant incident arrache, à la structure d’un verre activé à l’argent et phosphaté, des électrons qui sont ensuite piégés par certains défauts ponctuels. Excités par un rayonnement UV continu, ils se désexcitent en émettant une luminescence orange. L’intensité de luminescence est proportionnelle à la dose.
Dosimètres à luminescence stimulée optiquement (OSL)
Les radiations sont mesurées grâce à une fine feuille de poudre d'oxyde d'aluminium
Lors de l'analyse, l'oxyde d'aluminium est stimulé par des diodes électroluminescentes LED qui le rendant luminescent. L’intensité de luminescence est proportionnelle à la dose.
Cette stimulation optique est non destructive, elle permet de conserver une très grande partie de l'information dans le capteur, dans le but d'une possible ré-analyse ultérieure.
Dosimètres photographiques poitrine ou poignet |
Dosimètres thermoluminescents (appelés aussi TLD), utilisant des matériaux
(pastilles extrudées, frittés, poudres)
qui, soumis à une irradiation puis chauffés,
émettent de la lumière, proportionnellement
à la dose reçue. Les TLD sont utilisés
pour des dosimétries corps entier ou extrémités.
Ils sont réutilisables plusieurs
centaines de fois. La lecture, pouvant se faire
à l’aide d’un lecteur automatique,
se fait en chauffant le matériau. L’émission
de lumière entraîne la « remise
à zéro » du TLD.
Dosimètres opérationnels ou
actifs, à lecture directe, permettant
le suivi et l’optimisation de l’exposition
en temps réel. Ils doivent être choisis
en fonction du type de rayonnement à mesurer,
et de ses caractéristiques. Ces dosimètres
électroniques doivent êtres pourvus
d’alarmes auditives et visuelles, et ces alarmes
doivent être activées lors de toutes
utilisation.
Dosimètre électronique
opérationnel |
Rappelons que la dosimétrie en temps réel,
ou dosimétrie opérationnelle, est
devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2000 pour
tout travailleur intervenant en zone contrôlée. |
| |
Exposition interne
L’importance de l’exposition interne
liée à la présence d’une
substance radioactive dans le corps humain va dépendre
non seulement de la période physique du radioélément,
mais également de sa période biologique.
La période biologique est le temps nécessaire
pour que la moitié de la masse du radioéléments
absorbé soit éliminé par le
métabolisme. La grandeur qui caractérise
l’exposition interne est la dose équivalente
engagée.
Cette exposition interne est difficile à
mesurer : on fait appel à plusieurs techniques
de mesures. Ces techniques recouvrent des
analyses qui permettent d’évaluer
la nature et la gravité de l’exposition : dosage d’isotopes dans les urines, le sang
ou les sécrétions, anthroporadiamétrie... Leur mise en œuvre permet de détecter
et d’identifier un corps radioactif dans l’organisme.
Ces analyses doivent être conduites sans délais,
dès qu’il y a suspicion d’exposition
interne.
A partir des résultats, on calcule la dose
équivalente engagée reçue par
la personne suite à cette incorporation de
radioactivité. |
|
|
|
|
|
Cadre réglementaire
En matière de radioprotection, quatre textes ont été adoptés au niveau de la Communauté européenne de l’énergie atomique et transposés en droit français : les directives EURATOM 90/641, 96/29, 97/43 et 2003/122.
Les dispositions fondamentales relatives à la radioprotection ont été codifiées dans :
|
le Code de la Santé publique (art. L. 1333-1 à L. 1333-20 ; R. 1333-1 à R. 1333-112),
le Code du Travail (art. L. 4451-1 et L. 4451-2 ; R. 4451-1 à R. 4457-14). |
Ces textes peuvent être consultés dans les annexes de la publication INRS ED 932, 2e édition, avril 2009.
| |
Notions générales La réglementation concernant le monde du travail
est destinée à prévenir des risques liés
à l’utilisation de rayonnements ionisants en milieu
professionnel. Elle porte notamment sur les différents
points qui suivent.
| |
Responsabilité de l’employeur : elle concerne les mesures générales
administratives et techniques permettant d’assurer
la prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles.
Respect des principes de radioprotection : justification, optimisation et limitations des doses pour
tous les travailleurs, et en particulier pour certaines
catégories (notamment les femmes enceintes, avec
interdiction d’exposition interne pour les femmes
allaitant).
Evaluation des risques par l’analyse
des postes de travail et, pour toute opération
envisagée en « zone contrôlée
», évaluation prévisionnelle des doses
susceptibles d’être reçues par les
travailleurs.
Désignation d’une « personne
compétente » : elle assiste l’employeur
dans l’organisation de la prévention et notamment
en ce qui concerne l’analyse des risques et la délimitation
des zones. Cette désignation est obligatoire dès
lors que la présence, la manipulation, l’utilisation
ou le stockage d’une source ou d’un générateur
de rayonnement ionisant entraîne un risque d’exposition
pour les salariés de l’établissement,
des entreprises extérieurs ou des travailleurs
non salariés intervenant dans l’établissement.
Cette personne est désignée par l’employeur
après une formation spécifique.
Définition de zones de travail : tout employeur détenteur d’une source de
rayonnement doit délimiter des zones de travail,
après évaluation des risques et avis de
la personne compétente. La définition des
zones doit être fondée sur une estimation
théorique de la dose que recevrait un travailleur
présent en permanence sur ce lieu de travail. Ces
zones doivent être convenablement signalées.
Classement des travailleurs : l’employeur,
après avis du médecin du travail, doit classer
le personnel selon son exposition professionnelle aux
rayonnements ionisants. Ce classement est une aide à la détermination
des conditions de surveillance radiologique et médicale.
Suivi des personnes potentiellement exposées
:
| |
- Surveillance médicale prévoyant
une attestation d’absence de contre-indication
médicale aux travaux exposant aux rayonnements
ionisants avant toute affectation.
- Suivi dosimétrique individuel obligatoire
et tenue à jour d’une fiche d’exposition. |
Contrôles techniques de radioprotection,
comprenant un contrôle régulier des sources
et appareils émetteurs de rayonnements ionisants,
ainsi qu’un contrôle des dispositifs de protection
et d’alarme, et des dispositifs de mesure. Ce contrôle
régulier permet de vérifier le bon état
technique du matériel et l’efficacité
des mesures de protection.
Contrôles techniques d’ambiance : ils ont pour objectif la caractérisation de l’ambiance
radiative des locaux de travail (débits de dose
externe, concentration de l'activité dans l'air
et contamination des surfaces).
Formation et information des travailleurs.
Tous les travailleurs intervenant en zone contrôlée
ou surveillée doivent notamment recevoir une formation
à la radioprotection. En outre, la manipulation
de certains appareils est réservée à
des personnes titulaires d’un certificat d’aptitude.
Traçabilité complète des
matières radioactives : la réglementation
prévoit un régime d’autorisation ou
de déclaration, ainsi qu’une obligation de
reprise des sources par le fournisseur.
Autorisation ou déclaration : les activités comportant un risque d’exposition des personnes aux rayonnements ionisants sont soumises à un régime d’autorisation ou de déclaration. Ce régime dépend de la finalité de l’application (médicale ou autre que médicale), et de l’activité concernée par cette demande (fabrication, distribution, utilisation).
Situation d’urgence radiologique : elle existe lorsqu’un événement (résultant d’un incident ou accident, d’un acte de malveillance ou en encore d’une contamination de l’environnement) risque d’entraîner une émission de matières radioactives ou un niveau de radioactivité susceptible de porter atteinte à la santé publique
Maîtrise des rejets dans l’environnement. |
Les textes relatifs à ces notions sont consultables en ligne dans la brochure ED 932 et sur le site de Légifrance.
Travailleur
exposé : valeurs limites d’exposition et classement
La notion de « travailleur exposé », à
la base du dispositif réglementaire concernant les travailleurs,
est définie à l’annexe du décret n° 2003-296 du 31 mars 2003 : « tout travailleur, salarié ou non, soumis
dans le cadre de son activité professionnelle à
une exposition aux rayonnements ionisants susceptible d’entraîner
des doses supérieures à l’un quelconque
des niveaux de doses égaux aux limites de dose fixées
pour les personnes du public ».
L’exposition « environnementale » de la population
générale, du fait des activités humaines
impliquant la radioactivité, ne doit pas dépasser
la dose efficace de 1 milliSievert par an (mSv/an), ou des doses
équivalentes de 15 mSv/an au cristallin et de 50 mSv/an
en valeur moyenne pour tout cm2 de peau exposé (doses
fixées pour les personnes du public aux termes des articles
R. 1333-8 et R. 1333-9 du Code de la Santé publique).
| |
Limites
d’exposition
En application du principe de limitation des doses, des
valeurs limites réglementaires sont établies
pour les travailleurs exposés aux rayonnements
ionisants (articles R. 4451-12, R. 4451-13, D. 4152-5 et D. 4153-34 du Code du
Travail). Dans toutes les circonstances (hormis les situations
d’urgence et les expositions durables), ces valeurs
« absolues » sont des limites à ne
pas dépasser : leur respect impératif est
apprécié au vu des doses effectivement reçues
par chaque travailleur.
Lorsqu’un travailleur a subi une exposition
qui dépasse les limites réglementaires,
l’employeur, appuyée par la personne compétente
et le médecin du travail, doit immédiatement
faire cesser l’exposition et appliquer l’ensemble
des règles de gestion prévues par le Code
du Travail.
Classement
Les travailleurs exposés sont classés en
deux catégories (articles R. 4453-1 à R.4453-3 du Code du Travail),
selon leur conditions normales de travail :
| |
Catégorie A : exposition susceptible de dépasser
les 3/10 de la limite admissible sur 12 mois consécutifs.
Catégorie B : « travailleurs exposés
» ne rentrant pas dans la catégorie
A. |
C’est l’exposition prévisionnelle qui
est prise en compte pour établir ce classement.
Les valeurs d’exposition de base figurant dans le
tableau ci-dessous ne doivent pas être confondues
avec les valeurs limites absolues du paragraphe précédent.
Le classement d’un travailleur peut être reconsidéré
au vu des résultats de son suivi dosimétrique,
en conditions normales de travail.
Valeurs
susceptibles d’être atteintes en situation
normale de travail, en fonction du classement
des travailleurs (sur 12 mois consécutifs,
en milliSievert) |
|
Corps
entier
(dose efficace) |
Mains,
avant bras, pieds, cheville
(dose équivalente) |
Peau
(dose équivalente sur tout cm2) |
Cristallin
(dose équivalente) |
Travailleurs
exposés de catégorie A |
supérieure
à 6 mSv |
supérieure
à 150 mSv |
supérieure
à 150 mSv |
supérieure
à 45 mSv |
Travailleurs
exposés de catégorie B |
6 mSv
au plus
(et dépassant 1mSv, pour être
considéré comme « travailleur
exposé») |
150 mSv
au plus |
150 mSv
au plus
(et dépassant 50 mSv/an pour être
considéré comme « travailleur
exposé») |
45 mSv
au plus
(et dépassant 15 mSv/an pour
être considéré comme «
travailleur exposé») |
| Les femmes enceintes et les jeunes de 16 à
18 ans ne peuvent être affectés à
des travaux qui requièrent un classement
en catégorie A. |
|
Dispositions particulières à certaines catégories de travailleurs
| |
Femmes enceintes ou allaitant
Les travailleurs exposés sont informés des effets des rayonnements ionisants sur la santé, et notamment des effets néfastes sur l’embryon.
L’objectif de cette information est de sensibiliser les femmes quant à la nécessité de déclarer leur état de grossesse le plus tôt possible, et de porter à leur connaissance les mesures d’affectation temporaire à étudier avec le médecin du travail et les dispositions légales prises pour leur protection (article D. 4152-4 du Code du Travail).
Selon l’article D. 4152-5 du Code du Travail, l’exposition de l’enfant à naître doit être la plus faible possible. Dans tous les cas, elle ne doit pas atteindre 1 milliSievert (mSv) pour la période située entre la déclaration de grossesse et l’accouchement.
Les femmes enceintes ne peuvent pas être affectées à des postes impliquant un classement en catégorie A (travailleurs dont l’exposition peut dépasser, dans les conditions de travail normal, les 3/10 de la limite admissible annuelle).
Exposition aux rayonnements ionisants de l’embryon ou du fœtus : état des connaissances |
La sensibilité de l’embryon et du fœtus existe durant toute la période de grossesse, à des degrés très variables. Les travaux récents confirment que le dommage principal est le retard mental.
On admet généralement que le risque est négligeable pour une dose inférieure ou égale à 100 milliSievert (mSv).
Une éventuelle interruption de grossesse sera envisagée à partir d’une exposition de 200 mSv. |
Ces niveaux de dose peuvent être mis en perspective avec le niveau de 1 mSV, limite d’exposition du fœtus ou de l’embryon imposée par la réglementation.
Rappelons aussi que les femmes allaitant ne peuvent pas être maintenues à un poste où il y a un risque d’exposition interne.
Jeunes travailleurs Il est interdit d’employer les jeunes travailleurs âgés de moins de 18 ans à des travaux où il existe un risque d’exposition aux rayonnements ionisants, et même de les admettre de manière habituelle dans des locaux affectés à ces travaux. Il existe toutefois une possibilité de dérogation en cas d’occupation à des travaux exposant aux rayonnements ionisants dans le cadre d’une formation professionnelle, sous réserve de respecter des limites d’exposition spécifiques (articles D. 4153-33, D. 4153-34 et D. 4153-42 du Code du Travail).
CDD et travail temporaire
Une entreprise ne peut employer des travailleurs sous contrat à durée déterminée ou des salariés sous contrat de travail temporaire (intérimaires) pour des travaux exposant aux rayonnements ionisants si ces travaux sont « accomplis dans des zones où le débit de dose horaire est susceptible d’être supérieur à 2 mSv » (article D. 4154-1 du Code du travail).
De plus, un prorata temporis est applicable à ces travailleurs, ce qui implique que le contrat de travail doit avoir une durée telle que l’exposition du salarié soit au plus égale à la limite d’exposition annuelle pertinente (corps entier, cristallin, extrémités, jeunes travailleurs, femmes enceintes…) rapportée à la durée totale de travail :
| |
En cas de dépassement de la valeur limite d’exposition annuelle rapportée à la durée du contrat considéré, l’employeur propose au travailleur de proroger le contrat à durée déterminée de telle sorte qu’à l’expiration de celui-ci, l’exposition « soit au plus égale à la valeur limite annuelle rapportée à la durée totale du contrat » (article L. 1243-12 du Code du Travail).
L’entreprise de travail temporaire propose au salarié un ou plusieurs contrats prenant effet, au plus, 3 jours ouvrables après l’expiration du contrat précédent (article L. 1251-34 du Code du Travail). |
|
Limites françaises en milliSievert/an (mSv sur 12 mois consécutifs) |
| |
Corps entier
(dose efficace) |
Mains, avant bras, pieds, cheville
(dose équivalente) |
Peau
(dose équivalente sur tout cm2) |
Cristallin
(dose équivalente) |
| Travailleurs |
20 mSv |
500 mSv |
500 mSv |
150 mSv |
Jeunes travailleurs
(entre 16 et 18 ans, sous réserve d’y être autorisés pour les besoins de leur formation) |
6 mSv |
150 mSv |
150 mSv |
45 mSv |
| Femmes enceintes |
inférieure à 1 mSv dose équivalente au fœtus,de la déclaration de la grossesse à l’accouchement |
| Femme allaitant |
Interdiction de les maintenir ou les affecter à un poste entraînant un risque d’exposition interne |
Ces limites réglementaires de dose ne s’appliquent pas aux expositions résultant des examens médicaux auxquels sont soumis les travailleurs concernés (article R. 4451-14). |
| |
|
|
Conduite
à tenir en cas d’incident ou d’accident
Ne sont pas abordées dans cette partie de notre dossier les situations
d’urgence radiologique qui mette en péril la population générale
(dispersion de substances radioactives dans l’environnement). Pour
ces situations, il est nécessaire de se reporter au Code de la Santé
publique.
Ce paragraphe traite uniquement des premiers réflexes à avoir
au poste de travail quand une situation incidentelle ou accidentelle survient.
| |
En
préalable
Il est important de rappeler en préalable que :
| |
Tout travailleur doit être informé des risques
encourus au poste de travail, et en particulier des instructions
à suivre en cas de situation anormale (notice de poste
l’employeur).
La formation des travailleurs doit être renouvelée
tous les 3 ans : elle porte notamment sur les conduites à
tenir en cas de situation anormale.
Une notice, rappelant les risques particuliers liés au
poste occupé ou à l’intervention à
effectuer, les règles de sécurité applicables
et les instructions à suivre en cas de situation anormale,
doit être remise à toute personne amenée
à intervenir en zone contrôlée.
A l’intérieur des zones surveillées comme
des zones contrôlées, un affichage rappelle notamment
les risques d’exposition externe et éventuellement
interne, les consignes de travail adaptées à la
nature de l’exposition et aux opérations envisagées. |
Un travail en amont d’identification des risques peut se baser
sur l’utilisation de la base RELIR «retour d’expérience
sur les incidents radiologiques», qui propose des exemples pratiques
d’incidents avec les leçons à en tirer (http://relir.cepn.asso.fr).
Vous
êtes confronté à une dispersion ou dissémination
de substances radioactives (sources non scellées)
Parfois la contamination d’un local sera mis en évidence
après un incident matériel sans contamination humaine
(dont on aura vérifié l’absence). La décontamination
des locaux faite rapidement et correctement permettra d’éviter
le risque de contamination des personnes. Un simple balisage et confinement
du local pendant quelques heures ou quelques jours pourra parfois
être suffisant (compte tenu du niveau initial de la contamination
et de la période du radioélément).
| |
Signes d’alerte
Vous pouvez être alerté d’une telle situation
par les évènements suivants :
| |
un contrôle de contamination a été
effectué et met en évidence une dispersion
après manipulation ;
une erreur de manipulation est survenue (ce qui implique
la recherche de contamination) ;
l’alarme d’un dosimètre opérationnel,
d’une balise ou d’un contrôleur d’ambiance
s’est déclenchée. |
Témoin : conduite à tenir
Le témoin d’une dispersion ou d’une dissémination
de substance radioactive (personne non exposée à
la contamination) doit :
| |
Alerter la hiérarchie, la personne compétente
et le médecin du travail
En cas d’intervention sur les lieux de la contamination,
prendre les mesures destinées à empêcher
ou limiter sa propre exposition (interne et externe). |
Personne exposée à une contamination
: conduite à tenir
| |
Vérifier la réalité de la contamination
et de la dispersion dans la zone de travail, et la réalité
de sa propre contamination (vêtements et parties
du corps susceptibles d’être contaminées)
à l’aide d’un détecteur de contamination
Si il y a confirmation de la contamination :
| |
- Dans tous les cas, prévenir
la personne compétente et le médecin
du travail
- Dans l’attente de l’intervention extérieure,
veiller à ne pas disperser la contamination
et suivre la procédure établie (instructions
à suivre en cas de situation anormale remises
à toute personne travaillant en zone contrôlée) |
Se conformer ensuite aux indications données par
les intervenants extérieurs. |
Mesures à prendre par les personnes intervenantes
La personne compétente et le médecin du travail sont les personnes les plus à même pour intervenir dans ce genre de situation. Ceux ci peuvent s’appuyer si nécessaire sur l’IRSN (tél. : 06 07 31 56 63).
| |
Mesures
d’urgence
| |
Avant d’intervenir, s’équiper
des équipements de protection individuelle
nécessaires (sur-blouse, gants, sur-bottes…).
Dans tous les cas d’urgence médico-chirurgicale
associée, les gestes de premiers secours
priment sur la décontamination.
Si les locaux de travail sont aménagés
pour cela, faire passer la personne contaminée
dans un sas ou une salle de décontamination
situé(e) à proximité de l’espace
de travail (sans risque de contaminer d’autres
espaces de travail).
Délimiter la zone contaminée et installer
un périmètre de sécurité.
Le plus rapidement possible, mettre en oeuvre les
procédures de décontamination de la
personne exposée :
| |
- Lui faire
enlever les vêtements contaminés
- Vérifier l’existence éventuelle
d’une contamination corporelle, qui
doit être traitée immédiatement
:
| |
. Lavage abondant (en
recueillant si possible l’eau
de lavage)
. Savonner sans frotter (éviter
l’abrasion de la peau)
. En cas de lavage nécessaire
du visage ou des cheveux, protéger
les yeux, la bouche, les narines et
les oreilles de façon à
éviter leur contamination
. Laver les plaies superficielles
et les yeux (ces derniers de préférence
avec du sérum physiologique)
. S’assurer de l’efficacité
de la décontamination avec
un détecteur de radioactivité |
|
Dans tous les cas, vérifier la présence
de blessures ou de plaies et évaluer le risque
de contamination interne éventuelle (circonstances,
activité manipulée, reconstitution
de l’accident) :
| |
- La pénétration
du radionucleïde dans le corps par ingestion,
inhalation, ou passage percutané entraîne
une exposition interne
- Eventuellement, un traitement sera administré
: médicaments accélérant
l’élimination des substances
radioactives et dans certains cas, médicaments
spécifiques du type de radioélément
(ex : iodure de potassium dans le cas d’une
contamination par de l’iode radioactif). |
|
Autres mesures
concernant plus spécifiquement la décontamination
de la zone de travail
| |
En préalable
| |
- Avant d’intervenir,
revêtir une tenue étanche, et
si nécessaire, porter un masque respiratoire
- Baliser la zone contaminée et la
protéger, par une feuille de vinyle
par exemple, et enfermer les objets contaminés
dans des sacs de vinyle
- Prendre des mesures limitant la dissémination
des produits : utiliser sur les liquides radioactifs
un matériau absorbant (vermiculite,
sable, terre, papier absorbant…), et
pour les poudres, les humidifier afin de mieux
les absorber avec un matériau adéquat. |
Décontamination de la zone de travail
La nature des supports contaminés et celle
des substances contaminantes guideront le choix
de la technique à utiliser : aspiration,
lavage, traitement chimique. La décontamination
s'effectuera toujours de la limite externe de la
zone vers l'intérieur de façon à
ne pas disperser ou étendre la contamination.
Dans les cas où la période du radioélément
est courte (quelques jours par exemple), le plus
simple et le plus efficace est de fermer le local,
et d’attendre que la contamination disparaisse
d’elle-même.
Tous les effluents et résidus de cette opération
seront recueillis avec le plus grand soin, ainsi
que les objets et les vêtements contaminés.
Ces déchets pourront être éliminés
dans certains cas par l’intermédiaire
de l’ANDRA (Agence nationale des déchets
radioactifs).
|
|
|
Vous
êtes confronté à une situation anormale lors de
l’utilisation d’un générateur ou d’une
source scellée
Cette situation anormale peut être de plusieurs types : mauvaise
manipulation de l’équipement, dysfonctionnement du matériel,
entrée inopportune dans une zone à risque…
| |
Signes d’alerte
Vous pouvez être alerté d’une telle situation
par les évènements suivants :
| |
l’alarme du dosimètre opérationnel,
d’une balise ou d’un contrôleur d’ambiance
s’est déclenchée ;
l’indicateur de mise en fonctionnement d’un
générateur ou d’une sortie de source
(gyrophare, voyant lumineux) est activé. |
Témoin : conduite à tenir
Le témoin d’une situation anormale lors de l’utilisation
d’un générateur ou d’une source scellée
(personne non exposée à l’irradiation) doit
:
| |
Actionner l’arrêt d’urgence de l’installation
(générateur électrique), ou faire
évacuer la zone à proximité de sources
scellées
Alerter la hiérarchie, la personne compétente
et le médecin du travail
En cas d’intervention sur la zone d’irradiation,
prendre les mesures destinées à limiter
sa propre irradiation. Rappelons que la personne ayant
été exposée accidentellement n’est
jamais « irradiante » pour autrui. |
Attention, dans certains cas (fortes énergies, sources
bloquées), l’irradiation peut se poursuivre après
l’arrêt de l’installation. Il importe d’en
tenir compte avant toute intervention.
Personne exposée : conduite à tenir
| |
En cas d’alerte, sortir de la zone ou s’éloigner
le plus possible de la source
Actionner un arrêt d’urgence qui se trouve
à proximité |
Mesures à prendre par les intervenants
La personne compétente et le médecin du travail sont les personnes les plus à même pour intervenir. Ceux ci peuvent s’appuyer si nécessaire sur l’IRSN (tél. : 06 07 31 56 63).
Dans tous les cas, l’urgence chirurgicale (traumatisme….)
et/ou médicale prime sur le traitement de l’irradiation.
La dosimétrie opérationnelle et le développement
du dosimètre passif permettra parfois de connaître
l’importance de l’irradiation. Sinon, l’importance
de l’irradiation sera évaluée par la dosimétrie
biologique (numération de la formule sanguine et des
plaquettes (NFS), modification du caryotype) et par la prise
en compte des signes cliniques.
La prise en charge dépendra de l’importance de
l’irradiation :
| |
Surveillance
Hospitalisation à partir d’une irradiation
évaluée à 1 Gray environ |
|
Après la situation accidentelle
Tout accident ou incident doit être signalé cas à la division territorialement compétente de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et déclaré dans le guide de déclaration des évènements significatifs dans le domaine de la radioprotection du 15 juin 2007 (téléchargeable sur le site de l'ASN).
Tout accident ou incident doit être suivi d’une analyse
(par la méthodologie de l’arbre des causes par exemple)
: il est nécessaire d’en tirer les leçons, et
de prendre toutes les mesures permettant d’éviter la
répétition de situations similaires.
Toute situation accidentelle et les mesures correctives prises peuvent
être riches d’enseignements pour les préventeurs,
les chargés de sécurité… N’hésitez
pas à faire remonter votre expérience auprès
de RELIR « retour d’expérience sur les incidents
radiologiques » (http://relir.cepn.asso.fr). |
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| Pour
en savoir plus en quelques clics... |
Documents
INRS
Collection des fiches de radioprotection d'aide à l'analyse des risques en radiologie, médecine nucléaire, radiothérapie et curiethérapie
Consultez la liste des fiches disponibles.
Collection des fiches techniques de radioprotection relatives aux radionucléides
Consultez la liste des fiches disponibles
Pictogrammes
pour la signalisation de santé et de sécurité
(dossier
web)
"Les
rayonnements ionisants. Prévention et maîtrise des risques ". ED 958. 2006, 56 p. (format pdf, 732 ko)
"Les
rayonnements ionisants. Paysage institutionnel et réglementation
applicable". ED 932. 2ème édition, avril 2009, 94 p. (format pdf, 3.2 Mo)
Sites d’organismes français
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
(IRSN)
www.irsn.org
Site d’information du principal organisme français
de recherche, d’expertise et d’appui scientifique et
technique en matière de radioprotection et de sûreté
nucléaire.
Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
www.asn.gouv.fr
Site d’information de l’organisme qui assure en France,
au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté
nucléaire et de la radioprotection pour protéger le
public, les travailleurs et l’environnement des risques liés
à l’utilisation du nucléaire.
Légifrance
www.legifrance.gouv.fr
Site du service public permettant de retrouver les textes officiels
parus.
Portail
des agences sanitaires françaises
www.sante.fr
Portail valorisant les informations de santé publique des
sites des différentes agences sanitaires existant en France.
Société française de radioprotection (SFRP)
www.sfrp.asso.fr
Site de cette association rassemblant des professionnels français
de la radioprotection, qui a pour objectif de favoriser les échanges
d'informations entre spécialistes et non-spécialistes,
promouvoir la culture de la radioprotection, et de renforcer la
collaboration internationale.
Retours
d'expériences sur les incidents radiologiques (RELIR)
http://relir.cepn.asso.fr
RELIR a pour objectif est de recueillir des incidents "exemplaires"
dans différents secteurs d'activités, afin qu'ils
soient utilisés dans des sessions de formations professionnelles
à la radioprotection. Il a été créé
par la SFRP, avec la collaboration de l'INRS, l'IRSN, l'Institut
national des sciences et techniques nucléaires du Commissariat
à l’énergie atomique (INSTN du CEA), le Centre
d’étude sur l’évaluation de la protection
dans le domaine nucléaire (CEPN) et de l'Institut Curie.
Association pour les techniques et les sciences de la radioprotection (ATSR)
www.atsr-ri.com
Sites d’organismes internationaux
United
Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation
(UNSCEAR)
www.unscear.org
Site du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude
des effets des radiations ionisantes, organisme qui a pour objectifs
de collecter des informations pertinentes sur les effets pathologiques
des rayonnements ionisants et de procéder à la surveillance
de l’environnement.
International
Commission on Radiological Protection (ICRP)
www.icrp.org
Site de la Commission internationale de protection radiologique
(CIPR), autorité indépendante (composée notamment
de physiciens, biologistes, médecins) qui émet des
recommandations en matière de radioprotection, celles-ci
inspirant les réglementations des états.
International
Atomic Energy agency (IAEA)
www.iaea.org
Site de l’Agence internationale de l’énergie
atomique (AIEA), qui a pour mission le développement de l’utilisation
pacifique de l’énergie atomique, l’encouragement
des échanges scientifiques et techniques, la promotion de
la sécurité des installations nucléaires. L’AIEA
élabore des règlements qui servent de base aux réglementations
nationales.
Autres sites en français
Dossier
« Radioprotection médicale » de l’Université
virtuelle de Paris 5 (UVP5 / France)
www.uvp5.univ-paris5.fr/RADIO/
Bureau
de la radioprotection, de la Santé environnementale et sécurité
des consommateurs (SESC / Canada)
www.hc-sc.gc.ca/hecs-sesc/brp/index.htm
Division
Radioprotection de l’Office fédéral de santé
publique (OFSP / Suisse)
www.bag.admin.ch/strahlen/f/index.php
Division
de la radioprotection de la direction de la santé (Ministère
de la santé / Grand Duché du Luxembourg)
www.radioprotection.org.lu |
| Autres
références bibliographiques |
RANNOU A., « La radioprotection des travailleurs. Bilan 2007 ». Rapport DRPH/2008-11. Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 2008, 88 p.
Rapport téléchargeable sur le site de l'IRSN
DELACROIX D., GUERRE J.P., LEBLANC P. « Guide pratique. Radionucléides et radioprotection. Manuel pour la manipulation de substances radioactives dans les laboratoires de faible et moyenne activité ». 2e édition mise à jour en 2006. EDP Sciences 2006
THEVENIN J.C. « Instrumentation pour la dosimétrie
individuelle des travailleurs ». Génie nucléaire
BN 3490. Doc BN 3490. Techniques de l’ingénieur, 2003,
16 p., 4 p.
TUBIANA M., LALLEMAND J. « Radiobiologie et radioprotection
». Que sais-je ? n° 2439. Presses universitaires de France
(PUF), 2002, 128 p.
GAMBINI D.J., GRANIER R., BOISSIERE G. « Manuel pratique de
radioprotection ». 2e édition. Technique et documentation
Lavoisier, 1997, 483 p.
GAURON C. , SERVENT J.P. INRS - Documents pour le médecin du travail N°105 mars 2006 - Notes de congrès – Gestion des sources de rayonnements ionisants |
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